La Petite-Patrie

La Petite-Patrie, c’était au début le nom d’un roman, puis d’une série télévisée des années 70, qui racontait la vie d’une famille canadienne-française de l’époque. Son auteur, Claude Jasmin, y décrivait son enfance dans le quartier. Celui dont les parents avaient ouvert une boutique de cadeaux exotiques sur la rue St-Hubert en 1930 était loin de se douter que le titre de son roman deviendrait plus tard le nom du quartier où il avait grandi!

Mais la Petite-Patrie, ce n’était pas que des familles canadiennes-françaises. Au début du XXième siècle, les familles italiennes qui avaient immigré au pays quelques années plus tôt et qui s’étaient installées au centre-ville, furent portées à déménager plus au nord. Elles étaient attirées ici par le développement des carrières, des chemins de fer, et de toutes les industries qui suivirent, comme la fameuse usine de pâtes Catelli. La Petite-Italie prit alors forme dans le quartier et devint la plus importante communauté italienne au pays.

Après la grande prospérité commerciale et culturelle des années 60 et 70, et la crise des années 80, la Petite-Patrie semble connaître un nouvel essor depuis le début des années 2000. Tout particulièrement ces dernières années, où le quartier explose littéralement. De telle sorte que si tu n’as pas mis les pieds dans le quartier depuis cinq ans, tu seras surpris! Les allentours de la station de métro Rosemont sont méconnaisables. Une vingtaine de nouveaux cafés, restos et bars sympathiques ont ouvert sur la rue St-Hubert, transformant le visage de cette dernière avec leurs nombreuses terrasses. Une quinzaine d’autres ont fait la même chose sur Beaubien Est, faisant de cette rue une destination où sortir, ce que peu de Montréalais savent encore. Plusieurs chefs se sont installés dans la Petite-Italie pour y proposer une cuisine italienne renouvelée. Et à travers tout cela, une véritable révolution verte a opéré: des bacs à légumes sont apparus, des poules, des conteneurs d’aquaponie, des jardinets au coin des rues ou dans les stationnements désaffectés. L’Arrondissement a même installé du nouveau mobilier urbain un peu partout: des bancs de frêne local, des balançoires, un carrousel…

C’est tout cela que je t’amène découvrir aujourd’hui. Laisse-toi surprendre, et suis-moi… dans la Petite-Patrie!

Voici ta carte:

map de la Petite Patrie

clique pour agrandir!

1) La Bibliothèque Marc-Favreau et le Parc Luc-Durand

Ton circuit d’aujourd’hui débute au métro Rosemont (ligne orange).

Sors du côté du boulevard Rosemont, et tourne à droite (est). Marche jusqu’à la bibliothèque.

Les Rosemontais l’attendaient depuis longtemps, et ils furent servis en décembre 2013 lors de son ouverture… La Bibliothèque Marc-Favreau, nommée ainsi en l’honneur du comédien derrière le personnage de Sol, qui jouait si bien avec les mots, épate en effet tout le monde depuis ce temps!

01 Bibliothèque Marc Favreau (2)

Dehors, on reconnaît déjà le célèbre personnage habilement reproduit sur la colonne. Et à l’intérieur, les lieux sont à la fois modernes et chaleureux. Les rayons de livres baignent dans la lumière du jour, de même que le lierre qui grimpe…

01 Bibliothèque Marc Favreau (3)

Sors de la bibliothèque et longe son mur ouest.

Outre les lampadaires et les bancs publics au goût du jour, on remarque bien sûr le mur vitré, vraiment éclatant au soleil. Sa sérigraphie protège d’ailleurs les occupants de l’intensité des rayons…

01 Bibliothèque Marc Favreau (1)

Derrière, tourne à gauche (direction est) et monte les quelques marches.

Te voilà sur la surface multicolore du parc Luc-Durand, inauguré le 1er juin dernier et nommé ainsi pour rendre hommage au comédien qui interprétait Gobelet, le comparse de Sol au petit écran.

01 Parc Luc Durand (4)

Quelques mots de ce dernier sont gravés sur le pavé, au centre de la pelouse.

01 Parc Luc Durand (2)

À gauche, les fenêtres en losanges du mur sud de la bibliothèque rappellent l’habit de Sol. Elles offrent une vue panoramique sur le parc et la première patinoire extérieure d’improvisation au Québec. Des ateliers d’improvisation pour tous les âges y ont lieu pendant l’été…

01 Parc Luc Durand (1)

Après la patinoire, des jeux d’eau permettant aux enfants de s’amuser!

01 Parc Luc Durand (3)

Tout autour, les anciens ateliers municipaux ont fait place ces dernières années aux trois phases de développement du Quartier 54, nommé ainsi en raison du tramway no.54 qui passait sur le boulevard Rosemont. Mais aussi aux habitations de la coopérative écologique Le Coteau Vert et de l’OSBL Un Toît pour tous.

Le Quartier 54 et les coopératives

Le Quartier 54 et les coopératives

Au centre de ces habitations, une cour intérieure permet aux voisins de se rencontrer et d’organiser des activités. Un bassin de rétention a été aménagé, et des tables de pique-nique ont été installées. L’environnement de la station de métro est donc méconnaissable pour quiconque n’y a pas mis les pieds depuis 6 ou 7 ans!

01 Cooperative ecologique

Dépasse l’espace de jeux du parc, traverse l’avenue de Chateaubriand, et tourne à gauche (nord) pour rejoindre la Place Raymond-Plante.

Les chaises vertes et les tables du Café et du Marché Station 54 parsèment le pavé de béton. Des globes lumineux éclairent la Place, le soir.

01 Quartier 54 (2)

Passe à côté de la grande main anguleuse d’aluminium et de granit.

Il s’agit en fait d’une oeuvre de Catherine Sylvain intitulée « Point d’origine », qui rappelle les ouvriers qui ont travaillé près de 100 ans aux ateliers municipaux qui se trouvaient autrefois ici…

01 Point d'Origine

Traverse le boulevard Rosemont et poursuis ta route vers le nord sur le trottoir gauche de la rue St-Hubert.

2) La Plaza St-Hubert renouvelée

La première section de la rue St-Hubert, d’ici à la rue Bellechasse, ne fait pas partie de la Plaza St-Hubert en tant que tel. Mais elle présente quand même un certain intérêt depuis quelques années… En 2002, la galerie commerciale d’art contemporain Art Mûr s’y installa, avec ses sept salles d’expositions et sa trentaine d’artistes. Dix ans plus tard suivit une autre galerie, de l’autre côté de la rue: le Repère des 100 talents, qui produit plusieurs expositions thématiques chaque année.

Art Mûr

Art Mûr

Un resto offrant des tapas d’inspiration asiatique, La Bêtise,  ouvrit tout près, de même que deux petits cafés sympathiques: le Café 8 Oz et le Fixe Café. Ce dernier offre des brunchs à prix fixe à quatre services. Après le cocktail de fruits, on choisit l’entrée de notre choix, le plat principal et le dessert.

À gauche: le pain doré au sirop d'érable (entrée). À droite: crème brûlée et brownie (desserts)

À gauche: le pain doré au sirop d’érable (entrée). À droite: crème brûlée et brownie (desserts)

Au coin de St-Hubert et Bellechasse, la place publique Hector Prud-Homme a été inaugurée en 2009, puis réaménagée en 2015 pour y intégrer une oeuvre de Louise Viger: « Une architecture d’air ». La sculpture d’acier galvanisé rappelle la dentelle d’une robe de mariée, surmontée d’un petit corsage rouge. Pourquoi ce choix? Pour rappeler les nombreux commerces de mode nuptiale présents sur la Plaza. C’est pourtant le genre d’image dont cette dernière se distancie présentement. Car si tu penses qu’elle ne propose que des boutiques de robes et de toxedos, c’est que tu n’y as pas mis les pieds depuis plusieurs années…

02 Une architecture d'air

Taverse la rue Bellechasse, et poursuis toujours ta route en  direction nord.

C’est ici que débutent les fameuses marquises de verre de la Plaza St-Hubert. Installées en 1984, elles te permettent de te promener à l’abri de la pluie et de la neige sur 1,2km.

La Plaza pendant la vente trottoir "Atmosph'Air"

La Plaza pendant la vente trottoir « Atmosph’Air »

C’est dans la section devant toi, entre Bellechasse et Beaubien, que la diversification des commerces de la Plaza a été la plus marquante ces dernières années. On y trouve encore bien sûr des institutions, comme le Lozeau ouvert en 1927, pour les passionnés de photo; la Librairie Raffin, ouverte depuis 1930; et la première rôtisserie St-Hubert ouverte au Québec, en 1951!

02 Lozeau et Librairie Raffin

Mais dès le début des années 2000, une première vague de commerces de proximité déferla, avec l’arrivée de la pâtisserie Les P’tits plaisirs (2002), de la boutique Les Délires du Terroir (2006), et de la fruiterie Pousse l’ananas (2007). À l’époque, on pouvait déjà sortir au Gainzbar et au Petit Medley. Mais ce n’était qu’un début.

02 Delires du terroir Pousse l'ananas et Les Ptits Plaisir

Car ces trois dernières années, l’attraction exercée par la Plaza explosa littéralement. Le Restaurant de l’Apothicaire ouvrit. L’ArtiZan Bistro aussi, aujourd’hui devenu le Z Bistro, avec ses délicieuses pizzas et son menu d’inspiration marocaine revisité.

02 L'Apothicaire et L'Artizan

Le Plaza changea pour le Montréal Plaza, le Gainzbar se transforma en Nestor, et le Petit Medley devint le Medley Simple Malt (…et trouva une place dans mon TOP 15 des meilleures microbrasseries à Montréal!) 😉

02 Nestor Montreal Plaza et Simple Malt

Le sympathique mouton du Candide Café fit aussi son apparition, de même que l’originale banquette en forme d’auto du Dépôt 74.

02 Candide Cafe et Depot 74

De telle sorte qu’aujourd’hui, la moitié de la trentaine de restos, cafés et bars qui ont pignon sur la Plaza se situent ici, entre Bellechasse et Beaubien! Alors qu’on n’y trouve aucune boutique de mode nuptiale, de valises, de sacs à main ou de chaussures… Un contraste si frappant, qu’il m’arrive de croire qu’il existe en réalité deux Plazas: une au nord de la rue Beaubien, plus traditionnelle; et l’autre au sud, pour sortir! :o)

Pour accompagner cette véritable révolution, l’arrondissement réaménagea l’artère en 2014, en y installant notamment des placottoirs en bois tout le long du parcours. Les nouveaux commerces ajoutèrent aussi leurs propres terrasses, de telle sorte que la Plaza est maintenant animée comme jamais!

02 Plaza St-Hubert (2)

Une fois dépassé la terrasse du Medley Simple Malt, tu découvriras l’Armoire à Glaces, avec ses bancs de bois et ses tables de pique-nique.

02 Armoire a glaces (1)

Ouvert à l’année, tu peux y déguster des sorbets et crèmes glacées parmi les meilleurs en ville. C’est le temps de laisser tomber les cornets de crème molle à la vanille pour te laisser tenter par leur puissante et goûteuse glace espresso, leur douce et soyeuse glace au beurre d’érable, ou les rares saveurs de raisin blanc, de banane épicée et de vanille-bacon… :o)

02 Armoire a glaces (2)

Poursuis ta marche vers le nord jusqu’à la rue Beaubien, et constate comment la Plaza a changé!

02 Roi du Smoke MeatJe ne t’amène pas plus loin sur cette artère commerciale, car j’ai autre chose à te faire découvrir dans la Petite-Patrie. Mais si la version plus traditionnelle de la Plaza t’intéresse, n’hésite pas à faire quelques pas plus au nord. Entre Beaubien et Jean-Talon, tu trouveras une véritable institution – le Roi du Smoke Meat – qui prépare depuis plus de 60 ans un des meilleurs smoke meat à Montréal! Qui ne reconnaît pas sa fameuse vitrine remplie de pots de piments rouges?

02 Plaza St-Hubert (3)Et c’est également là que tu trouveras la totalité des 24 boutiques de mode nuptiale, 26 boutiques de valises et de sacs à main, et 24 boutiques de chaussures de la Plaza St-Hubert. Sans oublier 14 de ses 16 bijouteries… Une réalité qui a fait autrefois la renommée de la Plaza et qui fait encore aujourd’hui partie de son identité. Tout comme les nombreux restaurants de patates font partie de l’identité de la Promenade Ontario, malgré son exceptionnel renouvellement des dernières années…

Mais parlant des artères commerciales qui se renouvellent, je t’amène justement en découvrir une autre, qui te surprendra tout autant: la rue Beaubien!

3) L’église Saint-Édouard

Quelques commerces sont intéressants sur Beaubien, à l’est de St-Hubert. Comme l’Isle de Garde, une microbrasserie ouverte il y a deux ans seulement mais qui est déjà une référence et un lieu de rendez-vous prisé dans le quartier. Tellement, qu’elle est en train de s’agrandir pour pouvoir brasser sa bière sur place! Mais c’est du côté ouest que je t’amène aujourd’hui, car j’ai trop de choses à t’y montrer… 😉

Traverse la rue Beaubien, puis tourne à gauche et marche vers l’ouest.

Tu ne peux pas les manquer: devant toi, les clochers néo-gothiques de plus de 60 mètres de haut de l’église Saint-Édouard dominent le paysage… Leurs flèches de cuivre percées sur deux étages font d’ailleurs partie de mon Top 20 des plus beaux clochers de Montréal

03 Eglise Saint Edouard (1)

Marche trois coins de rue pour les rejoindre, au coin de St-Denis.

La façade de l’église Saint-Édouard en impose, avec ses pierres calcaires bosselées extraites d’une carrière de Rosemont, l’actuel Parc Père-Marquette… Si les portes sont ouvertes, n’hésite pas à entrer! Outre les plafonds peints tout en couleurs…

03 Eglise Saint Edouard (2)

…plusieurs éléments attireront ton attention. D’autant plus que leur similarité avec notre Basilique Notre-Dame est frappante! Comme pour ces colonnes polychromes, qui supportent une voûte étoilée bleue…

03 Eglise Saint Edouard (5)

L’église Saint-Édouard à gauche, la Basilique Notre-Dame à droite.

Ou ces tribunes latérales munies de balustrades décorées de colonnettes…

L'église Saint-Édouard à gauche, la Basilique Notre-Dame à droite.

L’église Saint-Édouard à gauche, la Basilique Notre-Dame à droite.

Sans oublier ce retable rétro-éclairé en bleu, qui prend place au milieu d’un lambris de bois sculpté…

L'église Saint-Édouard à gauche, la Basilique Notre-Dame à droite.

L’église Saint-Édouard à gauche, la Basilique Notre-Dame à droite.

Évidemment, l’église Saint-Édouard n’est pas aussi spectaculaire ni aussi bien conservée que la Basilique Notre-Dame… Mais ces curieuses ressemblances et sa décoration toute en couleurs lui ont valu une place méritée dans mon Top 20 des plus beaux intérieurs d’église à Montréal!

03 Eglise Saint Edouard (3)

Sors de l’église, et poursuis ta marche vers l’ouest sur la rue Beaubien.

4) L’étonnante rue Beaubien

Quelques pas suffisent pour apercevoir, du côté sud de la rue Beaubien, une nouvelle murale. Celle-ci marque l’entrée de la ruelle verte Denis Drolet, qui fait penser au célèbre duo d’humoristes absurdes. En réalité, elle s’appelle ainsi en raison de sa situation: c’est-à-dire entre les rues St-Denis et Drolet 😉

04 Murale Denis Drolet

À côté de la murale, des légumes poussent. Même chose du côté nord de Beaubien, au coin de la rue Drolet, où des bacs à fines herbes et une saillie de trottoir remplie de légumes ont fait leur apparition ces dernières années. C’est le Jardinet des Mal-Aimés, un clin d’oeil à la chanson « La Forêt des Mal-Aimés » de Pierre Lapointe! Une initiative qui se répète de plus en plus dans différents quartiers de Montréal…

03 Jardin des Mal Aimes

Un peu plus loin, tu apercevras le Salon Mogador. Il s’agit d’un excellent restaurant marocain établi ici depuis longtemps…

04 Salon Mogador (1)

On y déguste d’excellentes tagines dans un décor exotique de banquettes coussinées, de fausses portes marocaines, de lampes colorées et de petites tables rondes en bois. Une expérience plaisante à la fois pour les yeux et pour le palais! :o)

04 Salon Mogador (2)

Poursuis ta route vers l’ouest.

Si tu trouves que la rue St-Hubert a beaucoup changé, attend de voir ce qu’est devenue la rue Beaubien à l’ouest d’Henri-Julien: elle est tout simplement méconnaissable! Les brunchs du Vieux Vélo et les cocktails servis sur le bord de la petite allée de quilles de Notre-Dame-des-Quilles ont lancé le mouvement en 2011 et 2012. Puis, les trois années suivantes, pas moins de 10 restos, cafés et bars ont ouvert leurs portes!

la terrasse du bar Notre-Dame-des-Quilles

la terrasse du bar Notre-Dame-des-Quilles

De la cuisine italienne du Il Bazzali à la cuisine française du Bistro Lannes et Pacifique, en passant par celle de Madagascar chez Tsak Tsak, ce n’est pas le choix qui manque maintenant sur Beaubien!

04 Tsak Tsak

Ceux qui aiment fréquenter les cafés seront aussi servis avec le Odessa et les déjeuners salés et originaux du Bazar Café.

04 Odessa et Bazar Cafe

Toute cette effervescence a aussi amené avec elle de nouvelles terrasses qui agrémentent joliment le secteur. Comme celle des Cocottes, coin St-Dominique.

04 Les Cocottes

Ou celle, toute rose, que tu découvriras devant le Monsieur Crémeux. Tu pourras y goûter des glaces artisanales, malheureusement inégales d’une fois à l’autre. J’y ai déjà fait de surprenantes découvertes, comme leurs glaces aux épices d’automne ou à la bière. D’autres étaient ordinaires, comme la choco-banane, l’érable ou la gomme balloune… Alors à toi de faire ta propre expérience… 😉

04 Monsieur Cremeux

Tout autour de la crèmerie, d’autres adresses attirent l’attention, comme le petit steakhouse Gus, le chaleureux Moustache Café, et le Cul-Sec, cave et cantine: un caviste qui met en vedette des vins bios et nature d’importation privée. Sans oublier la nouvelle terrasse publique aménagée par l’arrondissement au coin de St-Dominique… Conçu par l’École d’Ébénisterie d’Art de Montréal, le placottoir entouré de bacs à fleurs propose des lignes contemporaines avec ses coupes diagonales. Impossible à manquer!

04 placottoir rue Beaubien Est

Tourne à droite (nord) sur le boulevard St-Laurent.

5) Le boulevard Saint-Laurent et la Petite Italie

La première ruelle que tu croises sur ta droite t’offre un point de vue différent sur les clochers de l’église Saint-Édouard. Et si tu t’avances un peu, tu découvriras aussi un joli Mignon… Avis aux fans (et à leurs enfants!) 😉

05 le Mignon de Rosemont

Sur St-Laurent, de nouveaux bancs en bois massif et des bacs à fleurs méritent vraiment que je t’en parle. Car imagine-toi donc qu’ils ont été fabriqués… avec les frênes abattus dans l’Arrondissement en raison de l’agrile du frêne! Oui, oui! Une belle initiative qui a permis en même temps aux jeunes du programme de réinsertion professionnelle Écolo-Boulot (du Groupe Information Travail) de montrer leurs talents… Comme quoi il est possible, avec un peu d’imagination et de volonté politique, de tourner une histoire désastreuse en quelque chose d’un peu plus positif pour notre ville! Et ça ne s’arrête pas là: l’expérience a été si concluante, que l’Arrondissement a décidé cette année de conserver le bois d’autres frênes abattus pour réparer les bancs d’estrade, les tables à pique-nique et les bandes de patinoire sur son territoire. Des chaises longues et autres bancs seront même fabriquées et installées dans certains parcs. Pas bête, non? 😉

05 banc de frene local

Après avoir marché une centaine de mètres, te voilà rendu en face du Vices & Versa, juste avant le petit Parc Soeur-Madeleine-Gagnon.

Le Vices & Versa offre des dizaines de bières de microbrasseries québécoises! Un vrai paradis pour les amateurs de produits d’ici… Et ils te sont servis dans un environnement absolument magnifique! Bien sûr, l’intérieur est très beau…

05 Vices Versa (2)

Mais que dire de la cour arrière remplie d’arbres, où prend place une des plus belles terrasses de ton circuit d’aujourd’hui!

05 Vices Versa (3)

Et comble de bonheur, il est possible de commander un carroussel de six galopins au choix, ces petits verres qui te permettent de tester plusieurs bières différentes. Une formule idéale quand on ne sait plus où donner de la tête tellement il y a de choix! Les serveurs et serveuses du Vices & Versa prennent même la peine d’écrire sur la planche le numéro de chaque bière que tu as commandée, question de t’aider à t’y retrouver dans ta dégustation…

05 Vices Versa (1)

Poursuis ta route sur St-Laurent.

Juste après le parc, le long du mur de la Maisonnette des Parents, tu remarqueras peut-être un petit trottoir qui mène à un cabanon en bois.

05 poules de Rosemont (2)

Pénètre dans la cour et dépasse le cabanon, ça vaut la peine! Car tu découvriras alors… les fameuses poules de Rosemont! :o) Elles y sont maintenant chaque été depuis cinq ans, et ce sont les jeunes qui s’inscrivent aux camps d’agriculture d’urbaine de la Maisonnette qui s’en occupent. Ces derniers cultivent aussi des légumes dans des bacs tout autour…

05 poules de Rosemont (1)

L’Arrondissement a dû procéder à des modifications réglementaires pour permettre le retour des poules en ville, ce qui avait fait beaucoup jaser à l’époque. Mais en visitant le poulailler et en constatant l’éducation populaire qui est faite autour du projet, on voit bien que l’initiative n’avait finalement rien de farfelue! On la retrouve d’ailleurs dans plusieurs autres villes, comme Toronto et New York.

Poursuis ta marche sur St-Laurent.

Tu passes maintenant à côté de l’arche d’entrée de la Petite-Italie. Juste après, l’ancienne église Saint-Jean-de-la-Croix (1927) dresse encore solidement son imposante façade et ses deux clochers.

05 condos Saint Jean de la Croix (1)

Il faut dire qu’elle a été transformée, en 2004, pour devenir les Condos Place-de-la-Croix. Des puits de lumière ont été percés dans le toît, de même que des fenêtres à l’avant. Sur le côté, des balcons ont été aménagés, incrustés dans les anciens murs. Certains critiqueront le fait que cet édifice religieux ait été abandonné au secteur privé. Mais sa transformation l’a tout de même sauvé de la décrépitude… Et comme sa fière allure a été respectée, il s’est mérité une place dans mon Top 15 des plus belles églises transformées à Montréal.

05 condos Saint Jean de la Croix (2)

Ses habitants peuvent aujourd’hui profiter d’une vue imprenable sur le petit parc juste en face: le parc de la Petite-Italie. Car tu marches maintenant dans le secteur où s’est établie la communauté italienne de Montréal au début du XXième siècle.

05 parc de la Petite Italie

D’ailleurs, les enseignes aux couleurs et aux noms italiens se multiplient sur ton chemin, à commencer par le Corneli, de l’autre côté de Saint-Zotique. Un restaurant bien connu dans le coin, et même au-delà. Car à ses débuts, il y a plus de 60 ans, la pizzeria qui avait pignon sur rue au centre-ville possédait une trentaine d’autos de livraison qui sillonnaient la ville.

05 Corneli (1)

Aujourd’hui, le restaurant sert ses pâtes et ses pizzas dans la Petite-Italie, avec un service rapide et courtois. Et à des prix raisonnables, pour ses plats principaux comme pour ses verres de vin…

05 Corneli (2)

Les cafés, les boutiques et les petits bars de quartier qui suivent affichent fièrement les couleurs du drapeau italien. De même que le mobilier urbain, comme ces enseignes suspendues.

05 enseigne Petite Italie

Au prochain coin de rue, tourne à droite (est) sur la rue Dante.

6) La rue Dante

Une nouvelle et longue plate-bande t’accueille tout de suite en tournant le coin. Puis, en t’avançant, tu te surprends de l’ambiance bien particulière qui règne ici, surtout le soir lorsque les terrasses allument leurs petites lumières suspendues.

06 rue Dante

Marcher sur la rue Dante, c’est pénétrer au coeur même de la Petite-Italie! La petite rue est à la fois résidentielle et commerciale, et ses commerces sont autant fréquentés par les anciens résidents du quartier que par les nouveaux. Après quelques pas, on saisit assez vite le mélange des styles… Les cafés traditionnels côtoient quelques restaurants plus chers comme le Lucca et l’Impasto, où la cuisine italienne est revisitée par de jeunes chefs et servie dans un décor chic ou industriel. Au coin de St-Dominique, la pizzeria Gema attire les jeunes urbains avec son décor de bois blanc et son comptoir rétro-éclairé, alors qu’au coin de Gaspé, la pizzeria Napoletana mise sur les traditions pour attirer sa clientèle. Il faut dire qu’étant ouverte depuis 1948, elle revendique le titre de plus vieille pizzeria à Montréal!

06 pizzeria Gema

Marche trois coins de rue, jusqu’au parc Dante.

À moins d’oser t’aventurer dans les cafés des habitués, les parcs sont le meilleur endroit où tu peux prendre le pouls des anciens résidents du quartier. Ici, les vieux Italiens refont le monde, assis sur les bancs du parc Dante ou en jouant à la boccia, l’équivalent italien de la pétanque française. Les mercredis soirs, en plein été, l’association commerciale du secteur -la SDC Petite-Italie – Marché Jean-Talon– organise depuis plusieurs années les rendez-vous du cinéma italien, qui permettent de voir gratuitement des films italiens, souvent en langue originale sous-titrée!

Le petit parc Dante ne manque pas de charme. Des pergolas accueillent des plantes grimpantes sous lesquelles il fait bon se reposer pendant les chaudes journées d’été…

06 parc Dante (3)

Un abreuvoir prend les couleurs vert, blanc, rouge appropriées pour le quartier.

06 parc Dante (1)

Et il y a ce monument dédié à Dante, poète et philosophe italien, auteur de « La Divine Comédie ». Il a fini par trouver ici sa place toute naturelle, après avoir passé plus de 40 ans dans le Parc Lafontaine.

06 parc Dante (2)

Le parc Dante a été inauguré pour souligner le 50ième anniversaire de la paroisse Notre-Dame-de-la-Défense, la première paroisse italienne canadienne, qui fit construire quelques années plus tard la magnifique église qui se trouve juste à côté. Je t’invite d’ailleurs à t’en approcher…

06 eglise Notre Dame de la Defense (4)

L’église de style roman a été construite à la fin de la Première Guerre Mondiale par des immigrants italiens. Une statue de bronze se dressant à droite de l’entrée rappelle d’ailleurs la guerre. C’est à cet endroit que devait, selon les plans originaux, être érigé un clocher rappelant les campaniles italiens.

06 eglise Notre Dame de la Defense (2)

À gauche de l’entrée, la crucifixion du christ est sculptée dans du marbre de Carrare.

06 eglise Notre Dame de la Defense (3)

La façade de brique rouge m’impressionne à chaque fois… Au centre, une rosace accueille la Madonna della Difesa, transpercée de couteaux… et tenue en place par deux câbles accrochés à la façade.

06 eglise Notre Dame de la Defense (6)

Si tu passes devant l’église au moment de la messe, n’hésite pas à profiter des portes ouvertes pour entrer. Tu auras alors la chance de découvrir les vitraux et les peintures de Guido Nincheri, un des plus grands décorateurs de nos églises montréalaises.

Par Tango7174 — Travail

Par Tango7174 — Travail personnel

Les lecteurs qui ont lu mon article sur les plus beaux intérieurs d’église à Montréal remarqueront des similitudes entre sa voûte ici et celle qu’il a peinte 15 ans plus tôt à l’église Saint-Léon-de-Westmount.

Notre-Dame-de-la-Défense à gauche ( Par Tango7174 — Travail personnel), et Saint-Léon-de-Westmount à droite (ma photo)

Notre-Dame-de-la-Défense à gauche ( Par Tango7174 — Travail personnel), et Saint-Léon-de-Westmount à droite (ma photo)

L’église Notre-Dame-de-la-Défense fait d’ailleurs partie des rares églises que je n’ai pas réussi à visiter pour l’élabation de mon palmarès des plus belles de la ville, alors que je l’avais pré-sélectionnée. Alors si tu as l’occasion d’y entrer, profites-en! Sinon, tu peux toujours te rabattre sur cette visite en trois dimensions et en haute définition de l’église.

En regardant vers le choeur, à l’avant, tu constateras combien la fresque de Nincheri représentant plus de 200 personnages est grandiose, malgré la controverse qui entoure le fait qu’on y trouve Benito Mussolini. Le dictateur italien a en fait été peint entre 1930 et 1933, donc bien avant la Seconde Guerre Mondiale. Et aux côtés du Pape Pie XI, afin de représenter les accords qui, intervenus entre l’Église et l’État italien, menèrent à la création du Vatican. Un ajout imprévu commandé par les représentants religieux auquel Nincheri a dû se plier bien malgré lui, selon la version de son petit-fils aujourd’hui.

Marche jusqu’au bout de la rue Dante, traverse l’avenue Henri-Julien, et tourne à gauche (nord) sur cette dernière.

Te voilà en pleine « Zone à Gronome », si on se fie au petit écriteau qui annonce les lieux! Les bacs à légumes de l’École de la Petite-Patrie bordent le trottoir…

06 Zone A Gronome (1)

…et côtoient une nouvelle petite bibliothèque en libre-service où les jeunes peuvent déposer un livre et en prendre un autre gratuitement.

06 Zone A Gronome (2)

Marche toujours vers le nord. Traverse la rue Bélanger, puis fait encore quelques pas. Emprunte alors la ruelle que tu aperçois sur ta gauche, en direction ouest.

L’ancienne ruelle, franchement laide, vient à peine de faire place à une jolie ruelle verte. Ce qui s’annonce comme une simple tranchée de paillis agrémentée de quelques bacs…

06 ruelle verte Henri Julien Alma (1)

….devient ensuite une véritable allée piétonne…

06 ruelle verte Henri Julien Alma (2)

…pourvue de bancs pour s’asseoir!

06 ruelle verte Henri Julien Alma (4)

Traverse la ruelle verte, puis tourne à droite (nord) sur la rue Alma. Au bout de celle-ci, traverse l’avenue Mozart et décalle légèrement à droite (vers l’est) sur celle-ci pour poursuivre ton chemin dans une nouvelle ruelle qui s’ouvre à toi, direction nord. Te voilà en direction du fameux Marché Jean-Talon!

7) Le Marché Jean-Talon

Voici la ruelle aménagée qui te permet d’accéder au Marché Jean-Talon

07 Marche Jean Talon (4)

Différents commerces bordent le Marché de part et d’autre, comme celui-ci, que tu trouveras sur ta droite.

07 Marche des Saveux du Quebec (2)

Le Marché des Saveurs du Québec se spécialise dans les produits du terroir québécois: confitures, miels, fromages, moutardes, vinaigres, huiles, bières de microbrasseries, etc… Plus de 400 petits producteurs régionaux alimentent le Marché, dont une centaine juste pour les fromages! À l’intérieur de la boutique se trouve aussi la Maison des Vins et Boissons Artisanales du Québec, un espace distinct où différents producteurs régionaux se sont mis ensemble pour proposer la plus grande sélection de produits alcoolisés artisanaux qui existe au Québec! L’endroit idéal, donc, pour dénicher un cadeau à offrir à de fins palais… 😉

07 Marche des Saveux du Quebec (1)

Au centre du Marché Jean-Talon se trouvent les kiosques de fruits et de légumes frais, de même que de nombreux commerces, comme le Havre-aux-Glaces, qui fait partie de mon Top 10 des meilleures glaces artisanales à Montréal. En parcourant les allées, tu trouveras de tout: boucheries, poissonneries, marchands d’épices, fleuristes, pâtisseries, etc. Et c’est ainsi depuis 1933, date d’ouverture du Marché! Une véritable institution à Montréal, et un des plus grands marchés d’Amérique du Nord…

07 Marche Jean Talon (3)

Marche le long d’une des deux rues qui traversent le Marché, en direction ouest.

Ces rues, qu’on appelle la Place du Marché-du-Nord, du nom qu’avait le Marché à ses débuts, sont piétonnes les fins de semaine. Les hangars des maisons qui bordaient autrefois le Marché ont été transformés en commerces au fil des ans. Aujourd’hui, les gens aiment y marcher ou s’y assoir pour prendre un café ou manger.

07 Marche Jean Talon (2)

Il faut dire que certains d’entre-eux offrent de jolies terrasses…

07 Marche Jean Talon (1)

Rendu au bout de la Place du Marché-du-Nord, un petit jardin public occupe un ancien stationnement vacant.

07 Jardin du Marché (1)

Le Jardin du Marché a débuté il y a deux ans par seulement deux bacs, quelques semis et un appel de dons au public. Une initiative citoyenne osée… Aujourd’hui, les bacs sont beaucoup plus nombreux: vois par toi-même!

07 Jardin du Marché (3)

On peut dire que le Jardin est un succès! Tout le monde peut participer à sa construction, son entretien et son arrosage. Des plages horaires d’arrosage sont mises en ligne et relayées sur la page facebook du jardin, et les citoyens inscrivent leur nom au moment de leur choix. Et bien sûr, tout le monde peut aussi récolter les légumes lorsqu’ils sont prêts! Une initiative d’agriculture urbaine qui ne pouvait trouver un meilleur emplacement en ville, juste en face du Marché Jean-Talon…

07 Jardin du Marché (2)

Tourne à gauche (ouest) sur la rue Shamrock.

8) La Place Shamrock

Si tu n’es pas passé dans le coin depuis plus de deux ans, tu seras surpris. Car une place publique est maintenant aménagée sur les trottoirs et une partie de la chaussée: la Place Shamrock. Pourquoi ce nom? Parce que les terrains sur lesquels tu marches depuis ton arrivée au Marché Jean-Talon étaient autrefois occupés par un Club de crosse irlandais dont l’équipe s’appelait « Les Shamrock ». Son pavillon d’entrée se trouvait d’ailleurs à l’endroit où tu te trouves présentement…

08 Place Shamrock (1)

Aujourd’hui, le pavillon a fait place à deux gros conteneurs montés l’un sur l’autre depuis à peine un mois. Il s’agit en fait de la première ferme verticale urbaine en aquaponie au Québec, rien de moins! Comment ça fonctionne? Dans le conteneur du bas se trouvent des poissons. On les nourrit et leurs rejets sont pompés jusqu’au conteneur d’en haut pour alimenter des plantes. Ces dernières assimilent les nutriments et purifient l’eau venant d’en bas. Puis, cette eau est retournée aux poissons. Le cycle complet permet donc de les élever… tout en produisant des fruits et légumes! Dix fois plus, au mètre carré, qu’en agriculture industrielle. Et avec 80% moins d’eau! En plus, la production, réalisée sans pesticide ni engrais chimique, est possible 365 jours par année, peu importe la saison. Et les conteneurs peuvent être installés sur n’importe quel terrain, même s’il n’est pas normalement propice à l’agriculture… Bref: une vraie merveille! Réalisée par ÉAU (Écosystèmes Alimentaires Urbains) et pouvant être visitée jusqu’en octobre prochain… Avis aux curieux! 😉

Mais il n’y a pas que ces conteneurs sur la Place Shamrock. Juste à côté, on trouve un carrousel de fêtes foraines, version urbaine: les chevaux ont fait place à des vélos, et il tourne pour vrai… à condition de le pousser à bout de bras 😉

08 Place Shamrock (3)

Il y a aussi des balançoires de bois, qui sont un véritable succès. D’ailleurs, elles se sont multipliées cette année…

08 Place Shamrock (2)

Il faut dire que l’Arrondissement est en train de travailler à l’allongement de la place publique vers l’ouest, pour qu’elle rejoigne le boulevard St-Laurent, créant ainsi un lien vivant et animé entre le Marché et l’artère commerciale. La Ville-centre supporte le projet, qui devrait être inauguré l’an prochain…

Marche jusqu’au boulevard St-Laurent.

9) Retour sur le boulevard Saint-Laurent

Te voilà revenu sur le grand boulevard. De l’autre côté, un peu sur ta gauche, tu remarqueras peut-être la terrasse de la crèmerie Pile ou Glace. On y sert des glaces artisanales soyeuses et crémeuses… Celles au café, et surtout au chocolat noir, sont amères, pour un résultat réaliste. Mais parlant de réalisme, c’est le gelato à la pistache qui vole la vedette, avec son goût de pistache grillée! Il y a décidément de bonnes adresses de crèmes glacées et de sorbets artisanaux dans ton circuit d’aujourd’hui… 😉

09 Pile ou Glace

Tourne à droite (direction nord) sur St-Laurent.

Si tu préfères prendre un verre, en cette fin de circuit, je te conseille vivement le Birra!

09 Birra (2)

Tu ne peux pas manquer son immense terrasse, massive et impressionnante pour une terrasse de rue.

09 Birra (3)

À l’intérieur, les luminaires sont faits de cadres de fenêtres en bois de diverses couleurs. On en trouve même au mur…

09 Birra (4)

Tu pourras trouver ici des bières de diverses micro-brasseries québécoises, de même que d’autres préparées pour eux. Au moment d’écrire ces lignes, les bières sont disponibles en petits verres de dégustation de 4 onces à 2,50$ chacun: un bon moyen d’en déguster plusieurs et de tester tes préférences, sans payer trop cher! :o)

09 Petite Italie

Et verre à la main, tu ne pourras faire autrement que de regarder l’arche de sortie de la Petite-Italie, à côté de laquelle la terrasse est montée. Ton itinéraire d’aujourd’hui t’aura finalement fait côtoyer les deux arches qui passent au-dessus du boulevard St-Laurent et qui délimitent ce secteur animé de la Petite-Patrie… :o)

Continue ta marche vers le nord.

Au coin de la rue Jean-Talon se trouve le petit parc Guglielmo-Marconi. Les mots « Petite Italie » sont taillés à même les plantes devant toi. C’est ainsi que se termine ta journée dans la Petite-Patrie!

09 Petite Italie (2)

Pour retourner chez toi, la station de métro De Castelnau (ligne bleue) se trouve à seulement un coin de rue plus au nord…

**********

C’est fou comment la Petite-Patrie a changé ces trois dernières années! En peu de temps, des bacs à légumes et autres jardins de fortune ont poussé au coin des rues. Les poules ont fait leur retour en ville. Une nouvelle bibliothèque est née. Plein de petits cafés, restos et bars ont ouvert partout, multipliant les terrasses pendant l’été. La Place Shamrock a été aménagée, avec ses agréables balançoires. Et des conteneurs révolutionnant l’agriculture sont apparus…

09 ruelle verte Henri Julien Alma

Mais le plus impressionnant, c’est que la petite révolution qui a lieu actuellement dans ce quartier se passe aussi dans Hochelaga, dans la Petite-Bourgogne, dans Villeray, dans Maisonneuve, dans Côte-des-Neiges, dans Ahuntsic… dans plein d’autres quartiers de la ville, en fait. Il y a décidément quelque chose qui se passe à Montréal! Quelque chose de gros, dont peu de gens ont encore conscience. Ceux qui se promènent un peu partout en ville le savent: depuis quelques années, les différents quartiers montréalais explosent d’originalité, se transforment, s’améliorent sous l’initiative de centaines, voire de milliers de citoyens. Des carrés d’arbres poussent ici, des coopératives d’habitations écologiques apparaissent là. Des moutons broutent dans les parcs de Rosemont, des festivals de cinéma en plein air apparaissent dans Hochelaga, dans Griffintown et dans la Petite-Italie… C’est ça, Montréal, aujourd’hui!

les moutons dans Rosemont font fureur!

les moutons font fureur dans Rosemont!

À ceux qui disent qu’il y a trop d’arrondissements à Montréal, je dis ceci: regardez comment cela permet à chaque quartier d’innover, de se développer selon sa propre personnalité… Regardez comment cela permet aux citoyens de laisser libre cours à des initiatives plus originales les unes que les autres. C’est toute la ville qui en profite!

À ceux qui pensent que si des commerces ferment sur St-Denis, sur St-Laurent et sur Ste-Catherine, c’est la preuve que tout le monde délaisse le centre-ville pour sortir au Dix30, je dis ceci: les gens que vous ne voyez plus au centre-ville sont maintenant dans les quartiers. Ils sont désormais assis sur une terrasse sur Ontario, sur Wellington, sur Fleury, sur Masson, sur Beaubien Est, sur Laurier, sur De Castelnau, sur Jarry Est… Ils mangent et sortent maintenant chez eux, parce que c’est aussi là que ça se passe!

Nous vivons à l’ère des quartiers. Et j’ai fondé le présent blogue pour te le montrer. Alors suis-moi: je t’amène redécouvrir ta ville… Un quartier à la fois! :o)

Bienvenue dans Mes Quartiers!

La page Facebook de Mes Quartiers, tenue conjointement avec le blogue C'est toi ma Ville: deux façons de découvrir encore plus Montréal!

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8 avis sur « La Petite-Patrie »

  1. C’est une lecture intéressante. Il faut dire par contre que tout ou presque est centré sur la consommation, et cette observation rejoint la conclusion: oui il se passe quelque chose à Montréal… la consommation prend toute la place! Un phénomène observé aussi par la lorgnette de la gentrification. À mon avis, c’est assez triste car la vie, c’est immensément plus riche que l’argent… à bon entendeur, salut!

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    • Est-ce que presque tout est centré sur la consommation, dans mon article? Votre commentaire m’a questionné, alors j’ai fait le test: si on enlève l’intro et à conclusion, mon texte compte 5000 mots, et 2000 sont effectivement consacrés à la description de quelque chose de commercial. Ce qui veut dire que 60% de mon texte ne l’est pas!

      Oui, une nouvelle génération est en train de renouveler les commerces à Montréal, et les terrasses se multiplient au point où on commence à ressembler à une ville européenne. Mais beaucoup d’autres changements touchent la ville, et j’en parle aussi en long et en large… Une véritable révolution verte est en train de se produire: les poules et les moutons reviennent en ville, les jardinets citoyens et les bacs à légumes se multiplient partout, les conteneurs d’aquaponie apparaissent, on trouve des ruelles vertes dans plein de quartiers, on pense à recycler nos frênes abattus pour en faire des bancs publics, on construit des coopératives écologiques, etc. Une autre révolution touche aussi Montréal depuis quelques années: on se réapproprie l’espace public! Des placottoirs apparaissent, des bancs publics agréables, des rues piétonnes, des places piétonnes comme celle de Shamrock, des balançoires, des parcs avec des patinoires d’improvisation, des bibliothèques repensées pour être plus conviviales; etc. Enfin, l’art prend sa place comme jamais, avec l’incroyable multiplication des murales: il y en a tellement, que les amateurs ont peine à aller toutes les voir tellement elles apparaissent vite! Les galeries d’art se multiplient, le cinéma est projeté gratuitement dans nos parcs ou autres endroits dehors, et j’essaie personnellement de faire aussi redécouvrir l’art plus traditionnel aux gens, dans nos églises souvent méconnues…

      J’ai parlé de tout cela dans mon texte, et il n’y a rien de commercial là-dedans! Ceci dit, boire et manger font aussi partie de la vie, sinon on meurt. Alors dans notre société, ça prend donc, oui, des boulangeries, des fruiteries, et autres commerces d’alimentation; et je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas se réjouir de voir ouvrir de plus en plus de commerces qui pensent à vendre des produits d’ici ou des produits artisanaux. Et si des cuisiniers et des serveurs sont capables de nous faire manger ou boire de façon agréable, si des nouveaux restos permettent à des gens de se retrouver en famille, entre amis ou en couple dans un endroit agréable autour d’une table et d’avoir du plaisir, je ne vois pas pourquoi je ne me réjouirais pas… N’ayez crainte: les gens qui mangent dans un restaurant, les jeunes qui sortent prendre un verre dans un bar après leurs cours, et les étudiants qui passent la journée avec leur ordi dans un café, savent très bien que la vie c’est plus que l’argent 😉 Pensez-vous vraiment qu’ils ne font que… « consommer »? :o)

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      • « Révolution verte », « véritable révolution »… Je dirais que l’exagération employée par ces mots traduit bien la grande place que prend la consommation, dans cet article, et le peu de place consacré à ce qu’est la vie dans la Petite Patrie. La vie des petites gens. La vie des familles modestes, qui ont bâti le quartier (Claude Jasmin est loin d’être modeste! C’est un symbole de réussite bourgeoise). La vie des travailleuses et travailleurs. La vie des enfants de ces familles… Rien ou presque rien sur tout ça, ce qui ne m’étonne pas du tout, c’est toujours ainsi.

        Et on dira alors qu’il faut tenir compte de la mixité sociale, qu’il y a de nouvelles familles qui arrivent dans le quartier, ah oui c’est vrai. Mais on oublie toujours, toujours, de parler des gens modestes, qui existaient avant que le quartier se gentrifie. Et d’ailleurs c’est bien triste de se faire dire que l’art prend sa place comme jamais dans le quartier, comme si avant que n’arrive les gentrifieurs, l’art n’existait pas dans le quartier.

        Donc tout ça pour dire que, sans dénigrer en rien votre texte que j’ai apprécié, vous laisser tout de même tout un pan de l’histoire du quartier dans l’ombre. Cette histoire n’est pas celle de personnes qui ont besoin de moutons pour tondre leur gazon, mais d’une job pour manger; pas des personnes qui applaudissent à une nouvelle place piétonne, mais qui applaudiraient si on leur donnait une place dans cette société qui les bouffe tout cru; qui voyant une galerie d’art de plus, savent que cela fait monter le prix des loyers.

        On me dira que tout ça c’est de la polémique, que la vie est ainsi faite, qu’il faut plutôt en profiter. Mais je ne me lasserai jamais de rappeler que l’histoire est écrite par les vainqueurs et que les laissés-pour-compte sont inlassablement mis de côté.

        Le fait que vous ayez tenté de vous justifier en parlant de « véritable révolution » m’a un peu secoué et c’est pourquoi j’ai pris du temps à vous répondre. Continuez votre bon travail, mais de grâce, soyez conscients des limites de votre discours et des promesses faites par nos gouvernants…

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    • Bonjour Martin,

      Tout d’abord, merci pour vos propos tout de même modérés: ils permettent le dialogue! Je n’ai visiblement pas réussi à vous convaincre que le quartier vit une véritable révolution présentement, j’abandonne 😉 Mon enthousiasme et mon optimisme ne vous rejoignent pas, tant pis… Mais je dois par contre vous répondre, lorsque vous dites que je laisse de côté « la vie des petites gens », « la vie des gens modestes », la vie des « travailleurs et travailleuses »; de ceux « qui ont besoin d’une job pour manger », pour reprendre vos termes…

      Vous me demandez de parler des gens qui ont bâti le quartier, des ouvriers… Mais qui sont ces gens, au juste, vous pensez? Les gars de la construction gagnent aujourd’hui plus de 60 000$ par année, les électriciens aussi, les plombiers, les maçons, et tous les corps de métier du genre… L’image de l’ouvrier d’une chaîne de montage mal payé n’est plus beaucoup de notre temps: la plupart des industries qui prospéraient à St-Henri, dans la Petite Bourgogne, dans Griffintown, dans Hochelaga et le long du chemin de fer qui sépare la Plateau de Rosemont, ont fermé depuis 30 ou 40 ans… Les ouvriers qui ont bâti la Petite-Patrie et qui habitent le quartier depuis longtemps y possèdent aujourd’hui des triplex et autres plex qui valent 600 000$: voulez-vous vraiment que je parle de ces gens?

      Je pense que vous vouliez plutôt que je parle des « petits travailleurs »… Mais c’est ironique, car vous ne voulez pas que je parle des commerces où ils travaillent: vous dites que c’est juste de la consommation! Pourtant, ce sont eux, les petits travailleurs du quartier, et c’est là qu’une bonne partie de leur vie se passe: pensez aux serveurs et aux serveuses, aux cuisiniers, aux vendeurs sur le plancher, aux employés d’entretien, aux caissiers et aux caissières des commerces de la Plaza et de la rue Beaubien… Si personne ne parle de ces commerces, s’ils ferment faute de clients, que va-t-il arriver à ces « petites gens »? Ils vont perdre leur job et venir grossir les rangs des chômeurs et des assistés-sociaux… Voyez-vous les contradictions dans votre discours « anti-consommation »?

      Pire: ces petits travailleurs, comme tous les autres qui sont secrétaires dans les entreprises, emballeurs chez Provigo ou préposés aux bénéficiaires dans les hôpitaux, sont les premiers à s’acheter des petits condos de 750 pieds carrés dans le quartier, parce que c’est la seule affaire qu’ils sont capables de se payer. Ils n’ont pas les moyens de s’acheter une grosse maison avec une cour et une piscine creusée… Mais vous me direz probablement que les condos sont la cause de la gentification, si on suit le discours bien en vogue ces temps-ci. Alors voulez-vous vraiment que je vous parle de la vie de ces petits travailleurs dans leur condo?

      Je me demande alors de qui vous voudriez que je parle, et je cherche encore ce fameux « pan caché » du quartier que je laisse dans l’ombre selon vous… Peut-être voudriez-vous que je parle de la vie des étudiants qui ont une job à temps partiel et qui s’endettent pour payer leurs études? Car ce sont là, effectivement, des gens modestes qui n’ont pas beaucoup d’argent… Mais pourtant, les terrasses des bars et des cafés en sont remplis: ils y passent une partie de leur vie! Et vous ne voulez pas que je parle de ces commerces… Je suis vraiment embêté!

      À moins que vous vouliez que je parle de la vie des assistés sociaux? Là, vous me feriez plaisir, car c’est ma spécialité: j’ai passé toute ma jeunesse sur l’aide sociale, et je suis entouré de gens qui y ont passé 20 ou 30 ans eux aussi. Mais je peux vous dire que ces gens aiment se payer un repas au St-Hubert Express ou un smoke Meat au Roi du Smoke Meat de temps en temps, sur la Plaza. Deux endroits dont j’ai parlé dans mon texte. Ce sont les premiers en fait à aimer consommer dès qu’ils arrivent à amasser un peu d’argent! Ils veulent le câble, ils veulent s’acheter une grosse télé, ils s’achètent plein de trucs au Dollarama… Sinon, il y a ceux qui sont plus artistes. Mais vous ne voulez pas non plus que je vous parle des galeries d’art où ils exposent leurs toiles, car vous dites qu’elles font monter le prix des loyers…

      Vous savez: mon blogue ne consiste pas à faire des entrevues avec des gens pour qu’ils me racontent leur vie. Des magazines, des journaux et des émissions de télé le font très bien. Je n’aurais rien inventé de nouveau en faisant cela moi aussi! Mon blogue consiste simplement à proposer des itinéraires pour découvrir les différents quartiers de Montréal. Et dans ces itinéraires, malgré les activités payantes, je prends bien soin de parler de plein d’autres activités que l’on peut faire gratuitement. Des activités dont les gens modestes, comme vous dites, peuvent profiter. Le genre d’activité dont j’ai profité toute ma jeunesse et ensuite pendant mes longues années d’études, parce que je n’avais pas une maudite cenne. Regardez dans la Petite-Patrie: les assistés sociaux ont une bibliothèque toute neuve où ils peuvent emprunter des livres, regarder des films, jouer sur l’ordi ou aller sur internet gratuitement. Ils peuvent se balancer gratuitement sur la Place Shamrock, alors que normalement, les seules personnes à avoir de telles balançoires sont celles qui ont une cour ou un chalet à la campagne. Ils peuvent entrer gratuitement dans les deux galeries d’art de la Plaza, alors que dans les musées ça coûte les yeux de la tête. Ils peuvent aller se chercher gratuitement des légumes dans les nombreux jardins de rue dont j’ai parlé dans mon article: c’est dommage que vous ne croyiez pas à la révolution verte qui s’empare présentement de Montréal, car le retour de l’agriculture en ville est précisément l’initiative de gens qui ont trouvé ce truc pour nourrir les plus démunis et combattre les déserts alimentaires! Les enfants des assistés sociaux peuvent voir des moutons et des poules même si leurs parents ne sont pas capables de les amener à la campagne parce qu’ils n’ont pas d’auto. Ils peuvent aussi profiter des jeux d’eau gratuits au parc Luc Durand: ces derniers sont d’ailleurs très populaires chez les locataires des deux coopératives d’habitations situées juste à côté et dont j’ai parlé! Et que dire du cinéma en plein air? Les films sont gratuits au parc Dante… je vous l’ai dit!

      Vous remarquerez, enfin, que je prends toujours soin d’indiquer dans mes itinéraires comment s’y rendre en bus et en métro, parce que je sais très bien que beaucoup de Montréalais n’ont pas d’auto! En faisant des itinéraires gratuits et disponibles pour tous, à coup de 35 heures de travail bénévole par semaine, je suis même en train de me mettre à dos (dans certains quartiers) des groupes de toutes sortes qui proposent des circuits payants! Car j’offre gratuitement quelque chose pour lequel eux veulent faire payer les gens…

      En conclusion, si vous voulez parler politique, sachez que je me suis promis de ne pas en faire sur ce blogue. Un jour, je créerai bien un autre blogue à cet effet… Je vous dirai simplement que c’est un sujet que j’adore: j’ai fait un bacc en science politique, ainsi qu’un bac et trois années de maîtrise en philosophie. J’en aurais long à dire sur la gentrification, le système capitaliste actuel, et autres sujets du genre qui ont l’air de vous préoccuper. Sachez simplement que je suis aussi très conscient des problèmes que vivent les plus démunis, les ayant moi-même vécus. J’ai même des idées pour régler une partie de ces problèmes. Mais sur ce blogue, j’ai décidé d’offrir une vision positive et optimiste de ma ville, parce que je suis écoeuré de n’entendre partout que des discours négatifs, défaitistes et dépressifs. J’ai décidé d’offrir aussi aux autres ce qui m’a rendu le plus heureux malgré ma pauvreté: les idées et les outils nécessaires pour être capable de jouir de Montréal avec presque rien. Et j’ai bien l’intention de continuer, car ça rend des gens heureux.

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