Milton-Parc et McGill (deuxième partie)

Bienvenue dans la deuxième partie de ton itinéraire d’aujourd’hui! Je te présente à nouveau ta carte. (Pour faire les points 1 à 5, retourne à la page précédente en cliquant ICI).

clique pour agrandir!

6) Le Square Dorchester

En juin 2019, deux nouveaux ponts d’acier et de bois ont été inaugurés…

…de même qu’une fontaine contemporaine de 11 mètres de haut.

D’inspiration victorienne, l’oeuvre de Claude Cormier deviendra rapidement le point de mire des touristes grâce à son originalité! En effet, elle prend la forme d’une demie-fontaine, comme si on l’avait sciée en deux…

Les jets d’eau et le bassin n’occupent donc qu’un seul côté. Alors que de l’autre, tronqué, on trouve un pic-bois. Les jets d’eau sortent du tronc de la fontaine comme si c’était le pic-bois qui l’avait percé à plein d’endroits!

Traverse une des passerelles pour atteindre le centre du square.

Au centre prend place le Monument aux Héros de la Guerre des Boers.

Ce dernier commémore le premier envoi de troupes militaires canadiennes à l’étranger, pour épauler l’Angleterre qui voulait étendre son empire en combattant deux petites républiques indépendantes afrikaners en Afrique du Sud. Inaugurée 5 ans après la fin de la Guerre des Boers (1899-1902), il s’agit de l’unique statue équestre à Montréal…

Elle a été réalisée par le sculpteur québécois George William Hill, qui a aussi fait celle que les Montréalais appellent communément la « statue de l’ange », au pied du Mont-Royal. Elle met en scène un cavalier tentant de retenir son cheval effrayé. Les détails du cavalier sont réussis: les jumelles, les douilles, l’étui du pistolet, les plis de l’uniforme…

Les détails du cheval aussi, sa texture, ses émotions…

Malheureusement, cette guerre, soutenue par les Canadiens-Anglais loyaux à la couronne britannique, mais rejetée par les Canadiens-Français dirigés par Henri Bourassa, visait en fait à permettre à l’Angleterre de mettre la main sur deux mines d’or se trouvant dans des Républiques dont elle avait pourtant reconnu l’indépendance quelques années plus tôt… Comme les troupes de l’Empire britannique n’arrivaient pas à dominer les soldats afrikaners, elles enfermèrent la moitié de la population civile dans une centaine de camps de concentration. C’est plus de 150 000 hommes et femmes, enfants et vieillards, qui furent ainsi sous-alimentés et laissés sans aide médicale. Suivant la thèse soutenue par François Le Moine dans le Huffington Post, c’est donc cette première intervention canadienne honteuse à l’étranger que le monument rappelle. Une belle leçon d’histoire, en fin de compte…

Emprunte la diagonale sud-est pour rejoindre la rue Metcalfe.

Impossible de ne pas remarquer l’imposant édifice Sun Life, qui s’étale le long de la rue Metcalfe. Sa construction débuta en 1913 mais ne fut réellement terminée qu’en 1931. De type Beaux-Arts, ses 114 colonnes impressionnent. Composé de plus de 60 000 blocs de granit, sans oublier le marbre utilisé à l’intérieur, l’édifice aux 15 portes d’entrée en cuivre pèse l’équivalent de sept fois le Pont Jacques-Cartier!

Traverse le boulevard René-Lévesque (direction sud) pour rejoindre la Place du Canada, juste en face.

Tu te retrouves maintenant dans l’ancien Dominion Square, rebaptisé Place du Canada en 1967. On trouve ici un autre monument controversé: celui dédié à Sir John A. Macdonald (1895).

L’oeuvre du sculpteur anglais George Edward Wade est le plus imposant monument consacré au premier Premier ministre du Canada. La statue de Macdonald est finement sculptée, comme en témoigne les divers plis dans ses vêtements.

Elle est coiffée d’un baldaquin de pierre supporté par douze colonnes de granit rouge dont les chapiteaux corinthiens possèdent des visages sculptés. Sept enfants prennent place sur ce baldaquin, représentant les sept provinces canadiennes au moment de l’inauguration de l’oeuvre.

Un personnage féminin les domine, représentant le Canada.

L’oeuvre a été vandalisée à répétition depuis plus d’un an, notamment parce que c’est sous le règne de Macdonald que les pensionnats autochtones ont vu le jour afin d’assimiler ces derniers…

Retourne sur le boulevard René-Lévesque et traverse la rue de la Cathédrale.

7) La Basilique-Cathédrale Marie-Reine-du-Monde

De l’autre côté de la rue, tu passes devant le monument dédié à monseigneur Ignace Bourget (1903), réalisé par Louis-Philippe Hébert. On y voit le religieux tourné vers le Mont-Royal, manuscrit à la main.

D’un côté, la Religion accompagne un mourant, alors que de l’autre, la Charité soutient un enfant et donne à manger à une pauvre femme.

Bref, te voilà maintenant devant la Basilique-Cathédrale Marie-Reine-du-Monde (1894), construite par Victor Bourgeau et constituant une réplique de la Basilique Saint-Pierre-de-Rome! Même si elle n’en est qu’une version réduite au tiers, ses dimensions sont suffisamment imposantes pour en faire la quatrième plus grande église au Québec…

Contrairement à sa grande soeur, la corniche n’est pas occupée par les statues du Christ et des apôtres, mais par celles des saints patrons de treize paroisses montréalaises. À l’arrière-plan, on distingue le sommet du 1000 de la Gauchetière, le plus haut gratte-ciel de la ville.

Entre dans la basilique-cathédrale.

À l’intérieur, on trouve plusieurs similitudes avec la plus grande église catholique au monde. Tout d’abord, le plafond à caissons blancs et dorés. Mais aussi l’immense baldaquin en cuivre rouge.

Ce dernier, qui prend place sous le dôme central, est une reproduction à l’échelle de l’original du Bernin…

Ses colonnes torsadées, ses sculptures, ses feuilles d’or et sa colombe impressionnent à coup sûr!

Derrière et autour de lui, on trouve de nombreux médaillons peints qui viennent renforcer le style néo-renaissance italienne de l’édifice.

En se baladant dans les bas-côtés, on découvre non seulement de nombreux tableaux historiques de Georges Delfosse relatant la fondation de Montréal, mais aussi la chapelle mortuaire des évêques. Si tu regardes bien au-dessus de la sculpture mortuaire de Monseigneur Bourget, tu découvriras, au creux du mur de marbre, une représentation en bronze de Saint-Pierre-de-Rome…

Retourne dehors et poursuis ta marche vers l’est. Tourne à gauche sur Mansfield et marche vers le nord. Puis, tourne à droite (est) sur la rue Cathcart.

8) La Place Ville-Marie

Te voilà en train de contourner la Place Ville-Marie. Son esplanade est en cours de réaménagement en vue de mieux l’intégrer aux rues environnantes. Sur son flanc nord, que tu longes présentement, elle sera bientôt dotée d’un escalier monumental qui descendra vers l’avenue McGill College. Lorsque les travaux seront terminés, tu pourras donc la traverser de bord en bord, comme je te l’ai indiqué en bleu pâle sur la carte de mon itinéraire. Mais en attendant, il faut malheureusement la contourner… 😉

L’intérieur de la Place Ville-Marie est aussi en travaux, mais si jamais tu es curieux, tu trouveras, juste avant d’arriver au coin de McGill College, une entrée qui donne accès à la galerie marchande, la première à avoir vu le jour à Montréal! Eh oui: c’est ici qu’est né le fameux Montréal souterrain, en 1962! Les 75 boutiques et restaurants, reliés à la Gare centrale et à l’hôtel Reine-Élizabeth, formèrent à l’époque l’embryon de ce qui devint plus tard un des plus grands réseaux souterrains au monde…

Au-dessus de cet embryon furent construits quatre édifices, dont le plus connu est en forme de croix. Véritable emblème de la ville, il en porte d’ailleurs le nom original (« Ville-Marie »). Haut de 46 étages, l’édifice cruciforme est chapeauté d’un gyrophare qui tourne et éclaire les nuits de Montréal. Une caractéristique bien particulière que ne partagent que les deux plus grandes villes francophones au Monde: Montréal et Paris (avec sa Tour Eiffel).

Sous ce phare, au 46ième étage, tu peux visiter l’observatoire Au Sommet, offrant une vue époustouflante à 360 degrés sur la ville. Tu peux aussi profiter de la vue en accédant à l’une des deux terrasses extérieures du restaurant Les Enfants Terribles. L’observatoire et le restaurant ont chacun leur propre accès par ascenseur. En pénétrant dans la galerie marchande par l’entrée de la rue Cathcart, tu dois tourner à droite pour l’observatoire ou à gauche pour le restaurant, en suivant les indications sur les panneaux et au sol:

Le menu des Enfants Terribles est étonnamment accessible, compte tenu du cadre dans lequel on a la chance de manger.

Dehors, au 44 ième étage, la vue sur Montréal est époustouflante.

Des baies vitrées te protègent contre les vents. Tu peux donc profiter d’un bon repas en observant le tout nouveau pont Samuel-de-Champlain…

…ou en jetant un oeil sur Griffintown, son nouveau boulevard Robert-Bourassa et son parc linéaire…

Sans oublier le Stade Olympique et son quartier Maisonneuve.

Avec un bon zoom, les occasions de faire de belles photos sont nombreuses! Ton regard peut alors porter sur Hochelaga, sa promenade Ontario et le plus haut clocher encore en fonction à Montréal.

Ou encore sur le Plateau Mont-Royal, l’église Saint-Jean-Baptiste et, derrière, la chapelle-sanctuaire du Saint-Sacrement, deux lieux de culte aux décors intérieurs absolument renversants

Comme tu vois, la montée au sommet de la Place Ville-Marie vaut vraiment le coup!

Poursuis ton excursion. Tourne à gauche sur McGill College (direction nord) puis à droite sur Sainte-Catherine (direction est).

9) La Cathédrale Christ Church

Tu passes tout d’abord à côté du Centre Eaton, une galerie marchande de plusieurs étages avec un atrium central, semblable à la Place Montréal-Trust que tu as visitée tantôt.

Au coin de rue suivant (University), traverse du côté nord de la rue Sainte-Catherine et poursuis ta marche vers l’est.

Puis, la cathédrale Christ Church (1859) se présente à toi avec, comme toile de fond, le gratte-ciel KPMG, la fameuse tour rose aux deux oreilles blanches. Les plus vieux se souviendront que lors de la construction du gratte-ciel et de ses galeries souterraines (les Promenades de la Cathédrale), on creusa en-dessous de l’église, de telle sorte que cette dernière dut être maintenue artificiellement sur pilotis! Une opération délicate…

Avec sa façade de pierre, ses arcs ogivaux et ses contreforts, la cathédrale anglicane s’apparente aux églises rurales anglaises et gothiques du XIVième siècle. Comme elle est presque toujours ouverte, profites-en pour entrer! Tu verras que le même style a été appliqué à l’intérieur, avec la succession d’arcs brisés, de chaque côté de la nef, supportés par des colonnes à chapiteaux. Ces dernières sont couronnées de motifs floraux sculptés représentant la flore que l’on retrouve sur le Mont-Royal!

Les fenêtres de chaque côté, les fenêtres hautes…

…et même celle du choeur reprennent la même forme à répétition, en plus d’être ornées de nombreux vitraux.

La charpente apparente soutient le toit à deux versants, dont les caissons ont été décorés au pochoir.

Aux quatre coins de l’église, tu peux aussi apercevoir la tête sculptée des quatre évangélistes…

Retourne dehors, tourne à gauche (est) et poursuis ta marche sur la rue Sainte-Catherine.

10) L’Église unie St-James

Tu longes alors l’ancien grand magasin Henry-Morgan and Co (1891), racheté en 1960 par la Compagnie de la Baie d’Hudson. Cette dernière est la plus vieille entreprise de vente au détail au pays et la plus vieille entreprise d’Amérique du Nord encore en activité! Et dire qu’à ses débuts, en 1670, elle ne servait qu’à la traite des fourrures… Son bel édifice de la rue Sainte-Catherine est impossible à manquer, avec son revêtement de grès rouge qui change de teinte selon les lueurs du jour et les éclairages de la nuit.

Poursuis ta marche vers l’est.

Parlant de façade en grès rouge, impossible non plus de manquer celle, un peu plus loin, de la magnifique église unie Saint-James. Pourtant, de 1926 à 2005, on ne la remarquait même pas, car elle était cachée par une rangée de commerces donnant sur la rue Sainte-Catherine. La porte d’entrée se trouvait alors au fond d’un corridor peu invitant et personne ne soupçonnait le trésor qui s’y cachait… Mais lorsque les commerces furent démolis, la façade originale en grès rouge, au fini rustique, se révéla tout à coup et tout le monde s’exclama devant sa splendeur! On avait l’impression qu’une nouvelle église venait de naître à Montréal…

Aujourd’hui, on peut admirer la grande rosace de l’église et surtout ses clochers. Asymétriques, le plus court se termine par des arcs-boutants supportant une lanterne, alors que le plus haut est orné de gargouilles et de pinacles.

À l’intérieur, l’église protestante de 1889 surprend surtout par ses larges tribunes arrières et latérales, supportées par de minces colonnes et comportant plusieurs rangées de longs bancs en bois. En forme de fer à cheval, elles forment un véritable amphithéâtre!

On remarque aussi ses murs vert olive, son grand lustre central et les arcs brisés de sa fausse voûte qui descendent du plafond et pendent dans le vide…

Marche jusqu’au coin de la rue Saint-Alexandre et traverse du côté sud de la rue Sainte-Catherine. Reviens ensuite sur tes pas (direction ouest) jusqu’au Square Phillips.

11) Le Square Phillips

Tu dois absolument aller faire le tour du monument qui se trouve au centre du square! Érigé en 1914 et réalisé par le sculpteur québécois Louis-Philippe Hébert, il représente le Roi Édouard VII, successeur de la Reine Victoria à la tête de l’Angleterre.

Sa base carrée est couverte de sculptures. Du côté ouest, elles représentent l’entente entre les quatre principaux peuples européens que l’on retrouvait au Canada à l’époque: les Français, les Anglais, les Écossais et les Irlandais.

Les quatre femmes, qui s’échangent des regards complices, sont d’un réalisme saisissant.

Le côté sud, lui, est occupé par un des anges les mieux réussi de la ville: le génie de la liberté. Celui-ci contemple fièrement ses chaînes qu’il vient d’arracher, celles de la persécution et des préjudices religieux.

L’ensemble sculptural est d’une finesse exemplaire. De nombreux détails peuvent être observés lorsqu’on regarde de plus près… Je te les décris en long et en large dans mon article sur les plus belles statues à Montréal, si le sujet t’intéresse!

Ceci dit, à cette étape-ci de ton itinéraire, tu commences sûrement à avoir faim… Je te propose donc plusieurs options! Tout d’abord, du côté Est du square, il y a le Pizzaresto Il Focolaio, qui offre un menu étendu de 75 bonnes pizzas! Sinon, sur le côté ouest se trouvent d’autres bons restos…

Sors du square par le côté ouest (à droite) et marche en direction sud sur l’avenue Union.

Tu croises tout d’abord le petit resto cubain La Habanera, qui fait partie de ces restaurants montréalais qui nous font voyager.

On y sert de multiples tapas, dans une cuisine cubaine revisitée, qu’on pense au riz au safran, chorizo, porc, ananas et oeuf (l’arroz frito); ou à celui aux fèves noires et au porc croustillant (masitas de puerco fritas) …

Sinon, quelques portes plus loin, il y a aussi le très populaire resto mexicain Escondite… Dans un décor aux chaises dépareillées, inspiré des traditions populaires du Mexique, on y déguste des tapas, comme le corn bread: un muffin de maïs au fromage panela et jalapeno, avec beurre épicé. Ou encore l’excellent El General Chapo, une très surprenante version mexicaine du Général Tao, épicée et fumée: on dirait presque des côtes levées! 😉

Mais ce qu’il faut absolument essayer à l’Escondite, c’est la dizaine d’excellents tacos, parmi les meilleurs en ville! Qu’on pense au traditionnel et juteux El Pastor, avec son flanc de porc piquant, ses ananas, ses oignons et sa coriandre; ou au surprenant Pollos Hermanos, avec son poulet frit, et sa crème chipotle et avocat. Le Don Puerco est également bon, avec son porc cuit au four et sa coriandre. Sans oublier le Mole, au poulet, feta et oignon rouge mariné, dont le sésame ajoute une touche croquante…

On vide toujours l’assiette de tacos trop vite: on aimerait que ça dure plus longtemps! Alors on se promet à chaque fois de revenir pour en manger d’autres… 😉

Marche jusqu’au boulevard René-Lévesque et tourne à gauche (est) pour atteindre la Place du Frère-André.

La petite place publique est dotée d’une statue du frère André, fondateur de l’Oratoire St-Joseph, qui apparaît ici dans toute son humilité. Il s’agit d’une réplique en bronze de l’oeuvre originale en plâtre du sculpteur Émile Brunet (1955), conservée au Musée de l’Oratoire.

Traverse du côté sud du boulevard René-Lévesque.

De l’autre côté du boulevard se trouve la Maison olympique canadienne, qui a ouvert ses portes en 2018. On y présente une exposition interactive sur l’histoire et l’expérience olympiques, qui permet de mesurer ses habiletés d’athlète en faisant une descente virtuelle en bobsleigh ou en ski acrobatique… En avant de l’édifice, coiffé des anneaux olympiques…

…a été installée la Nouvelle Flamme Olympique (2015), un long ruban d’acier inoxydable chromé accueillant une flamme éclairée par LED.

Fais quelques pas vers l’est sur le boulevard René-Lévesque.

12) La Basilique Saint-Patrick

Rapidement, un portail s’ouvre ensuite sur ta droite: c’est l’entrée qui donne accès à la basilique Saint-Patrick. La plupart des Montréalais et des touristes passent devant sans s’en rendre compte. Il faut dire qu’elle tourne le dos au boulevard, car en 1847, elle a été construite pour faire face au Vieux-Montréal, le centre-ville de l’époque. Sa véritable entrée se trouve donc à l’opposé, sur une petite rue méconnue. Mais même si l’église passe inaperçue, elle est pourtant une des plus belles à Montréal!

Suis le chemin qui mène à la porte de côté et entre dans la basilique.

En entrant, ce qui frappe en premier est la décoration intérieure monochrome, chaleureuse et riche, de style néogothique. Il aura fallu plus de 75 ans pour la compléter! Le mobilier est de grande qualité… Les bancs en chêne rouge pouvant accueillir 1700 personnes présentent une enfilade de pinacles:

Les colonnes de pin, qui donnent l’impression d’être en marbre, s’élancent dans les airs avec élégance. Les vitraux, étroits et allongés, ajoutent à l’impression de hauteur de la nef…

Les escaliers tournants qui mènent aux tribunes arrières sont sculptés en bois. On remarque, au-dessus, des motifs de trèfles irlandais peints au pochoir sur le mur.

En marchant vers l’avant, on se rend compte que ces motifs et ceux de lys français alternent sur les murs, représentant ainsi les communautés irlandaise et francophone qui fréquentent la paroisse. En chemin, on longe 150 peintures à l’huile (la Lithanie des Saints), intégrées à un long lambris de chêne, et les 14 tableaux du chemin de croix de Patriglia. Puis, à l’avant, on découvre les chapelles latérales sculptées qui encadrent le choeur.

Ce dernier est d’une richesse incroyable avec ses minces colonnes, ses tableaux, ses vitraux et ses motifs floraux peints.

Sans oublier son lustre central… Il peut paraître petit sur la photo, mais pour te donner une idée de sa taille, les six anges qui se tiennent debout tout le tour mesurent 2 mètres de haut chacun… C’est tout dire!

Sors de la basilique par la porte de côté qui se trouve à l’opposé de celle par laquelle tu es entré. Descends les marches et tourne à droite (sud) sur la rue Saint-Alexandre. Tourne ensuite immédiatement à gauche (est) sur l’étroite rue Dowd qui débouche sur la rue de Bleury.

À ta droite, sur la rue de Bleury, se trouve l’immeuble de la Southam Press (1916), un des nombreux édifices du secteur qui étaient liés à l’imprimerie au début du XXième siècle.

Ornementé à profusion…

…il possède quatre cariatides aux étages inférieurs.

À l’intérieur se trouve le Tiradito, un restaurant qui propose une cuisine péruvienne aux influences japonaises. Un mélange de styles qui peut paraître surprenant, mais qui l’est moins quand on sait que le Pérou a connu, au début du XXième siècle, l’immigration de milliers de Japonais.

Ici, on trouve un des meilleurs ceviche en ville. Garni de coriandre, les gros morceaux de poisson blanc baignent dans un leche de tigre piquant adouci par la patate douce. Le maïs frais (choclo) vient contrebalancer l’acidité du met pour atteindre l’équilibre parfait tant recherché. Et évidemment, le maïs grillé (cancha) ajoute du croquant, donnant une autre dimension au ceviche…

Les autres tapas sont aussi bons les uns que les autres. La papa rellena est une coquille de patate, frite et fourrée au boeuf, servie dans un bol avec un genre de mayonnaise au chili doux.

Le bao au canard (appelé sandwich buttifara, sur le menu) est juteux, huileux, sucré… On ne sais plus comment le décrire tellement il est bon! Agrémenté d’une salsa criolla, avec un bon goût barbecue, il coule de partout quand on le mange!

Les crevettes croustillantes sont servies dans une sauce aigre-douce…

…les dumplings aussi, agrémentés de piment amarillo…

Et comme si ce n’était pas assez, les cocktails sont également excellents! Notamment le Guapita, fait de gin, cava, galanga, jus d’agrumes et teinture de baies… Le complément parfait pour un repas servi dans une ambiance jeune digne d’un pub péruvien! Alors: commences-tu à avoir faim? 😉

Retourne sur tes pas et marche en direction nord sur De Bleury. Traverse le boulevard René-Lévesque.

13) le Gesù

Après le boulevard René-Lévesque, tu te retrouves assez vite en avant d’une église, qui sert maintenant aussi de lieu de performances artistiques: c’est le Gesù (1865)! Tu peux la visiter en montant les quelques marches…

Baroque à souhait, la couleur grise domine l’ensemble de sa nef.

Après quelques minutes, on réalise avec étonnement que les fausses moulures peintes en trompe-l’oeil abondent…

Le choeur aussi surprend, avec ses airs mystiques et ses lustres aux allures orientales…

Et que dire des immenses tableaux, qui reproduisent, version peinture à l’eau, des chefs d’oeuvre allemands… As-tu vu celui de gauche? Son cadre aux motifs végétaux semble prendre racine! 😉

Retourne à l’extérieur, tourne à gauche (nord) et poursuis ta marche sur la rue de Bleury. Traverse la rue Sainte-Catherine.

14) L’Édifice Wilder Espace Danse et l’îlot Balmoral

Sur ta droite, l’Édifice Wilder – Espace danse se dévoile. L’ancien commerce de meubles (1918), sauvé de la démolition, a été agrandi et rénové de fond en comble pour devenir un des édifices les plus audacieux de la ville. Les différentes façades, textures et couleurs se juxtaposent dans des volumes aux diverses orientations, qui donnent à l’ensemble une apparence loin d’être monotone.

L’Espace danse regroupe Les Grands Ballets Canadiens de Montréal, Tangente, l’École de Danse Contemporaine de Montréal et l’Agora de la danse. Il a été réalisé par le consortium Lapointe Magne + Aedifica. Tu penses que tu ne connais pas Aedifica? Eh bien si je te dis qu’ils ont participé à la construction du Complexe des Sciences de l’UQAM, de la Maison Symphonique, du planétarium Rio Tinto Alcan, du 2-22 et de l’extension du Palais des Congrès…est-ce que ça commence à te dire quelque chose? 😉

Poursuis ta marche vers le nord en traversant la rue Mayor.

À ta droite, tu peux contempler l’Îlot Balmoral, qui est presque achevé. Le nouveau siège social de l’Office National du Film (ONF) a de la gueule, avec sa faille oblique rouge qui sépare les deux volumes de 13 étages! L’atrium pleine hauteur relie en fait la rue de Bleury à la place des Festivals…

En arrivant au coin suivant, tu aperçois sur ta gauche la station de métro Place-des-Arts, ton point de départ d’aujourd’hui! Tu peux alors jeter un dernier regard sur le Peterson, qui te présente ses intrigantes courbes…

…et son mur d’escalade, quelque part entre ciel et terre.

Ça y est! Te voilà maintenant prêt à pousser la porte du métro et à retourner chez toi, avec plein d’images en tête…

*****

J’espère que tu as passé une belle journée! Il y a tant de choses à découvrir au centre-ville… Mais aussi dans les autres quartiers de la ville, moins fréquentés par les touristes!

D’Ahuntsic à Lachine, en passant par Griffintown, Notre-Dame-de-Grâce et Pointe Saint-Charles, je t’invite à partir à la découverte des plus belles rues et maisons, des plus belles fontaines et églises, des plus beaux parcs et espaces publics que chaque quartier a à t’offrir! Des mondes insoupçonnés se cachent à quelques stations de métro de chez toi sans que tu ne le saches…

Laisse-moi te guider vers ces lieux méconnus, ces jolies ruelles cachées, ces sculptures que seuls les résidents qui habitent autour connaissent. J’ai exploré l’île de Montréal d’un bout à l’autre, dans ses moindres replis, depuis que je suis tout petit. Je te partage donc mes découvertes sur ce blogue, en textes et en photos, pour que tu puisses en profiter à ton tour!

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