Hochelaga

Depuis une douzaine d’années, le quartier Hochelaga-Maisonneuve connaît une importante transformation. La voie ferrée qui le scindait en deux a été enlevée pour faire place à la plus longue promenade piétonne à Montréal. Après l’inauguration de la place Simon-Valois en 2007, de nombreux restos, cafés et bars se sont installés dans le quartier. Des fromageries, charcuteries et boulangeries ont également ouvert. Du marché Maisonneuve jusqu’à la place des Tisserandes, on compte désormais une vingtaine de terrasses. Le quartier compte aussi plus de 200 organismes communautaires qui aident les enfants les plus vulnérables, préparent des repas abordables, travaillent à la réinsertion sociale des jeunes qui en ont besoin… On est tissé serré, dans Hochelaga!

Le mélange des genres fait décidément partie de l’ADN du quartier. Les hipsters se mélangent joyeusement aux assistés sociaux, les p’tits tough avec les écolos, les gais avec les familles monoparentales, les sportifs avec les personnes qui se déplacent en triporteurs… Ici, tout le monde accepte les autres comme ils sont. Et tout le monde se parle. Difficile d’attendre le bus sans se faire aborder par quelqu’un qui vous raconte sa vie, de marcher sur Ontario sans entendre les réflexions de l’un ou se faire raconter une blague par l’autre… Mais c’est la beauté du quartier, qui a souvent davantage des airs de village. Ceux qui n’acceptent pas le mélange spontané des genres en repartent assez vite…

Je t’invite aujourd’hui à découvrir Hochelaga. Du plus haut clocher encore en fonction à Montréal jusqu’à la caserne de pompiers art déco, en passant par la promenade piétonne Luc-Larivée, la place Simon-Valois et les petites perles de la rue Ontario, je te guide pas à pas à travers les rues de ce quartier que beaucoup de Montréalais n’ont jamais visité. Il y a quatre ans, je publiais un premier circuit-découverte, vu par plus de 20 000 personnes. Mais le quartier a tellement changé que je dois réécrire l’article au complet! Car oui, en quatre ans seulement, la place des Tisserandes et la place des Réceptions sont apparues; la Préfontaine Verte a pris de l’ampleur et le Lien Vert s’est embelli; les oeuvres d’art se sont multipliées, l’école Baril a été reconstruite, et beaucoup de commerces ont fermé pendant que d’autres ouvraient… S’il y a bien un quartier qui bouge à Montréal, c’est bien celui-là!

C’est tout cela que je t’invite maintenant à découvrir. Bienvenue dans Hochelaga! Bienvenue dans… Mes Quartiers!

Voici ta carte:

clique pour agrandir!

*cet itinéraire est aussi disponible en version pdf sans photo, si tu veux l’imprimer pour l’amener avec toi pendant ta visite: Hochelaga sans photo

1) Raymond-Préfontaine: la station, le parc et la murale!

Ton aventure d’aujourd’hui débute à la station de métro Préfontaine, une de mes préférées. La lumière naturelle pénètre sur le quai à travers l’immense verrière traversée de poutres oranges. Remarque bien: c’est la seule station à Montréal où la fameuse flèche blanche sur fond bleu, symbole du métro, est utilisée pour orienter les clients! Alors que partout ailleurs elle pointe le bas, ici, elle indique plutôt comment accéder aux quais ou en sortir:

Monte à l’étage puis emprunte les escaliers devant toi. Tourne à gauche pour sortir dans le parc.

Dehors, la station de métro déploie son accordéon de métal et de verre dans le parc Raymond-Préfontaine. Je ne sais pas pourquoi, mais la forme de la station me donne toujours l’impression que c’est un vaisseau de l’ancienne série télévisée Cosmos 1999 qui a atterri dans le parc! (je le sais, c’est une remarque « vintage à l’os »…) 😉

Tu vois: les flèches pointent encore les entrées!

Rejoins la rue Moreau à droite, puis longe-la devant toi (direction sud).

Après quelques pas, une murale apparaît de l’autre côté de la rue. Inaugurée en 2018 et créée par Olivier Bonnard, sous la direction de l’entreprise d’économie sociale Y’a QuelQu’un l’aut’bord du mur, elle représente Raymond Préfontaine (1850-1905), ancien maire d’Hochelaga, puis de Montréal. Le politicien, qui exerça aussi aux niveaux provincial et fédéral, réalisa notamment le prolongement des lignes de tramway vers l’est à la fin du XIXième siècle.

Un peu plus loin, coin Rouen, il se peut que tu vois quelques maquettes de Robert Fisette, devant la coopérative d’habitation Stadacona. Depuis de nombreuses années, le prolifique artiste (comment l’appeler autrement?) égaie le terrain et les balcons de la coopérative, pour le plus grand plaisir des passants. Et pas seulement des enfants! Car même les adultes sont émerveillés devant le talent de l’homme qui, à l’halloween comme à plein d’autres moments de l’année, nous réserve des surprises en réalisant de véritables décors mettant en scène des super-héros, Snoopy, les Simsons, le petit Prince, sans oublier Tintin! Voici quelques-unes de ses réalisations des cinq dernières années que j’ai pu photographier… Avec un peu de chance, tu pourras sûrement en voir toi aussi, accrochées à un balcon ou à une fenêtre:

Au coin de Rouen, si tu jettes un oeil à droite, tu apercevras un viaduc rempli de graffitis! C’est un des rares endroits publics à Montréal où on peut encore graffiter les murs en toute liberté… Il y a presque toujours quelqu’un en train de pratiquer son art, de jour comme de nuit!

Tourne à gauche (est) sur Rouen et marche deux coins de rue.

Tu rejoins rapidement la rue Dézéry et l’aréna Francis Bouillon, nommé en l’honneur de l’ancien joueur du Canadien de Montréal, qui a grandi dans le quartier et donné ici ses premiers coups de patin, lorsqu’il était enfant.

Tourne à droite (sud) sur Dézéry.

Tu commences à peine à découvrir les rues résidentielles du quartier que tu réalises assez vite qu’Hochelaga est rempli de plex aux escaliers extérieurs en fer forgé, un peu comme sur le Plateau ou dans Rosemont! Dans le fond, les romans de Michel Tremblay auraient très bien pu se passer ici: on y retrouve le même décor, les hangars de tôle dans les ruelles, les grandes écoles de briques rouges…

2) La place des Tisserandes et l’église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge

Devant toi, le clocher de l’église Nativité-de-la-Sainte-Vierge pointe au bout de la rue.

Je ne sais pas pourquoi, mais chaque fois que je le vois, il me rappelle le campanile de la basilique Saint-Marc à Venise! 😉

Traverse la rue Ontario.

Plus on s’en approche, plus il est impressionnant. Et pour cause: savais-tu qu’avec ses 80 mètres, c’est le plus haut clocher encore en fonction à Montréal? C’est ce que j’ai déduit de mes recherches pour écrire mon Top 20 des plus beaux clochers de la ville. Celui de l’ancienne église Saint-Jacques, rue St-Denis, mesure 5 mètres de plus, c’est vrai. Mais ce n’est plus un clocher d’église en tant que tel: il a été intégré au pavillon Judith-Jasmin de l’UQAM. Depuis que j’ai découvert cela, je me plais donc à faire connaître le clocher partout où je peux, et j’ai même tenu à me faire photographier avec lui pour le livre 300 Raisons d’Aimer Montréal, où le blogueur Carle Bernier-Genest et moi représentons Hochelaga:

Pour moi, ce n’est rien de moins qu’un des symboles fort du quartier, visible de loin. On peut même le voir du fleuve:

Le clocher d’Hochelaga pose devant la tour du stade olympique, érigée dans Maisonneuve: deux fiers représentants de l’arrondissement!

Construit en 1906, le clocher survécut (de même que la façade) à l’incendie qui détruisit une partie de l’église originale. Il fut intégré à la nouvelle église, de style romano-byzantin, conçue par Dalbé Viau et Louis-Alphonse Venne, deux des architectes qui réalisèrent ensuite… l’Oratoire Saint-Joseph! À son sommet, on trouve 5 cloches, dont une qui pèse 2 500 kg. J’imagine à peine la magnifique vue que l’on doit avoir d’en haut, sur le quartier et la ville… Je rêve qu’on puisse, pour un ou deux dollars, monter au sommet! Dans toutes les villes d’Europe, jusque dans les petits villages méconnus du Monténégro, on peut monter en haut des clochers… C’est un concept qui fonctionne et qui permet aux églises de payer leur entretien! Alors pourquoi pas ici? 😉

En attendant de pouvoir grimper en haut, tu peux admirer la place des Tisserandes, qui rend hommage aux filles et aux femmes qui travaillaient autrefois dans l’industrie du coton de l’ancienne ville d’Hochelaga.

Jusqu’à récemment, une rue secondaire passait devant l’église, dont le parvis servait de stationnement! Vois par toi-même la différence:

Dans un commentaire sous mon précédent article consacré au quartier, j’écrivais: « Savez-vous de quoi je rêve, maintenant? Qu’on (…) fasse une belle place publique juste en face de l’église, avec quelques bancs et un beau pavage, au lieu de la double rue de l’entrée de l’église. Ça serait tellement beau et ça mettrait l’église en valeur… » (26 mai 2015).

Eh bien par un incroyable hasard des choses, mon rêve s’est réalisé! Les aléas de la vie ont fait que l’argent qui devait servir à aménager une place publique un peu plus à l’ouest, sur un insignifiant terrain près du viaduc, a finalement été investi ici. Un choix beaucoup plus judicieux, tant qu’à moi. Car il aura permis de mettre en valeur une des plus belles églises de la ville et le plus haut clocher encore en fonction à Montréal. On peut ainsi aujourd’hui s’asseoir pour admirer les lieux…

…amener son enfant jouer dans le petit jet d’eau…

…scruter le pavé qui rappelle la rosace de la façade créée par Guido Nincheri…

..ou découvrir les toiles de Marc-Aurèle Fortin…

…qui mettent en scène Hochelaga à travers le temps!

L’oeuvre de Bourjoi, en forme de croix, qui a trôné sur le terrain de l’église pendant quelques temps -les résidents du secteur s’en rappelleront- n’est cependant plus là… Quel dommage! L’artiste a dû la rapatrier… Mais n’aie crainte: tu peux encore la voir! Je te montrerai tantôt où elle a été déplacée… 🙂

En attendant, je t’invite à découvrir le patrimoine artistique de l’église. Tu peux en avoir un aperçu sur un panneau explicatif situé sur la place publique. Mais si les portes sont ouvertes, rien ne vaut une visite en personne à l’intérieur… Quelque chose de généralement possible si tu te pointes une demie-heure avant la messe, donc vers 15h30 le samedi, ou vers 10h00 le dimanche (vérifier les heures ici).

La première chose qui frappe en entrant dans l’église, qui possède les dimensions d’une cathédrale, sont les colonnes rouges à chapiteaux corinthiens qui détonnent avec la voûte de briques brunes.

Le haut des colonnes et les arcs sont sculptés…

….mais aussi l’incroyable frise au-dessus des colonnes!

Cette dernière se poursuit sur les deux tribunes à l’arrière…

…et même à l’avant de l’église, sous le plafond étoilé!

La frise monumentale intitulée l’Apothéose de la Vierge Marie raconte notamment la vie de cette dernière. Elle est composée de 320 personnages de plus de 2 mètres de haut chacun, faits de plâtre et de poussière de marbre… Rien de moins!

Un chef d’oeuvre de Carli et Petrucci… qui s’ajoute aux 14 vitraux de Guido Nincheri consacrés eux-aussi à la vie de la Sainte-Vierge! Monumental…

Sors de l’église et tourne à gauche: marche vers l’ouest sur la rue Ontario.

3) La place des Réceptions et le parc Sarah-Maxell

En traversant la rue Dézéry, tu passes devant ce complexe funéraire, dont le nom te laissera sûrement perplexe, ou te fera sourire, selon ton humeur! 😉

Tourne à gauche au prochain coin de rue et marche vers le sud sur la rue Préfontaine.

Depuis plusieurs années, les voisins de cette rue se regroupent autour de Préfontaine Verte, véritable initiative citoyenne de verdissement et d’amélioration de la vie de quartier. Les carrés d’arbres ont été verdis, les trottoirs ont été fleuris, du mobilier urbain a été installé…

Les initiatives se succèdent sans relâche pour améliorer toujours davantage ce coin d’Hochelaga régulièrement envahi par les effluves de levure qui émanent de l’usine l’Allemand. Comme si à coup de fleurs, de plantes et d’arbres, on finirait par repousser ce que je me suis longtemps représenté comme une odeur de chocolat, pour me la rendre plus sympathique lorsque que je vivais tout proche 😉

D’ailleurs, au coin de la rue La Fontaine, tu aperçois la murale « Pac-Vert contre-attaque ». À l’image du célèbre jeu vidéo des années 80, cette oeuvre réalisée par le groupe C-Vert de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve nous invite justement à reprendre le contrôle de nos actes et à faire disparaître un à un les éléments polluants que nous produisons… 😉

Devant toi, la circulation automobile a été coupée pour aménager la place des Réceptions, particulièrement appréciée des travailleurs de l’usine. Des tables de pique-nique ont été installées, de même qu’une table de ping-pong.

À droite, derrière la clôture, tu peux découvrir le Triptyque du centenaire Lallemand 1915-2015, une sculpture de Léopol Bourjoi. En son centre sont gravés les noms de 105 travailleurs de l’usine qui ont plus de 25 années de service, sur un module en acier inoxydable de 100 pouces de haut, pour représenter le 100ième anniversaire de l’entreprise! Le panneau de gauche, en noir et blanc, rappelle l’histoire de l’usine, alors que celui de droite montre que les levures produites ici servent notamment à la fabrication du pain et du vin…

Le petit parc qui borde la place des Réceptions porte le nom de Sarah-Maxell, qui était la directrice de la Hochelaga Protestant School lorsque cette dernière brûla en 1907. En plein incendie, elle monta courageusement au troisième étage pour remettre les plus jeunes élèves aux pompiers, dans leur échelle. On la retrouva morte, enveloppant un enfant… Un acte de bravoure enfin reconnu et souligné en ce lieu public!

Pénètre dans le parc.

C’est ici que commence le Lien Vert, le chemin piéton qui a remplacé l’ancienne voie ferrée qui traversait il n’y a pas si longtemps le quartier d’est en ouest. Le parc en est partie prenante, avec ses chaises longues, ses framboises et son houblon (encore une initiative des citoyens de Préfontaine Verte…). Une dizaine de montages photographiques parsèment le chemin, montrant le visage des résidents du secteur, rendant ce lien vivant, humain. Une très bonne idée, je trouve!

Au coin de Dézéry, te voilà entre deux murales. À gauche, une magnifique tortue marine, malheureusement graffitée:

Turtle Island (2011), avant les graffitis

Et à droite, ces enfants qui jouent, en pleine bataille d’oreillers. Une murale de Dodo Ose, de A’Shop:

La bataille de polochon, 2017

Je te fais quitter le Lien Vert pour y revenir dans quelques instants… n’aie crainte! Car j’ai quelque chose, ou plutôt quelqu’un, à te faire découvrir… Suis-moi!

Tourne à droite (sud) sur la rue Dézéry.

4) Léopol Bourjoi: l’artiste-ouvrier d’Hochelaga

Tu plonges de plus en plus profondément dans le quartier. Te voilà en route vers la maison de Léopol Bourjoi, dont je t’ai parlé plus tôt!

une installation croisée en chemin!

Marche deux coins de rue puis tourne à gauche (est) sur Rouville.

Elle se différencie assez vite des autres, avec cette bande poétique qui déroule son texte:

L’atelier de l’artiste se présente au fond du petit stationnement dont l’entrée est encadrée par de belles pièces de bois sur lesquelles sont sculptés les mots « artiste » et « ouvrier ». Des enseignes qui s’accordent bien avec son propriétaire qui, bien avant d’obtenir sa maîtrise en arts plastique à l’UQAM, a travaillé de ses mains.

L’espace a beaucoup changé depuis mon dernier passage, il y a quatre ans. C’est un site évolutif, à l’image du quartier. À gauche se présente un « artrium », où Bourjoi attache de nouvelles pièces sur lesquelles il inscrit ses pensées à la fois poétiques et philosophiques.

À l’avant-plan, je retrouve avec bonheur la sculpture « Pourquoi naître? » qui trônait précédemment sur le terrain de l’église Nativité-de-la-Sainte-Vierge. D’ailleurs, l’artiste qui sort de chez lui et vient vers moi spontanément me raconte assez vite qu’il aimerait qu’on sache que son oeuvre est rendue ici. Voilà: le message est fait! 😉

La sculpture prend la forme d’une croix en acier Corten, qui rappelle le symbole de la paix. Elle est dominée par un petit casque de sécurité. En-dessous, l’engrenage d’aluminium possède 7 rayons et 52 dents, représentant les jours de la semaine et les 52 semaines de l’année qui rythment le travail de l’ouvrier. Sur l’axe central, un poème coupé dans l’acier, dont les lettres laissent passer la lumière bleue lorsque l’oeuvre est illuminée, dit ceci: « Pourquoi Naître, si ce naît pour vivre? Pourquoi le travail, si ce naît pour rester en vie? Pourquoi ouvrier, si ce naît pour construire ce monde à d’eux? Comment vivre, si ce naît ensemble? ». C’est beau, non? 😉

L’oeuvre, lorsqu’elle était sur le terrain de l’église

L’homme qui a grandi dans le quartier et qui, à 9 ans, avait déjà décidé qu’il voulait devenir artiste, s’est vite demandé pourquoi on ne raconterait pas la vie des ouvriers. Plusieurs de ses oeuvres subséquentes seront visiblement la réponse à sa question originelle, notamment cette croix en acier, le Triptyque de l’usine Lallemand que je t’ai présenté tantôt, et son Hommage aux ouvriers de la Vickers (1990):

En approchant l’atelier, il se peut très bien que tu rencontres Bourjoi. L’artiste est affable et généreux de son temps lorsque vient le moment d’expliquer ses oeuvres, comme il l’a fait quand je suis passé à l’improviste. Ses références et sources d’inspiration sont tellement nombreuses: philosophiques, historiques, mais aussi chimiques et biologiques! Ses oeuvres en sont d’autant plus riches, avec une couche de sens plus facilement accessible qui en cache souvent une autre beaucoup plus complexe…

Poursuis ton chemin vers l’est sur Rouville, puis tourne à gauche (nord) au premier coin de rue, sur Saint-Germain.

5) Des maisons ouvrières et des ruelles vertes

Te voilà en plein coeur d’un ensemble de maisons en enfilade où les familles d’ouvriers habitaient à la fin du XIXième siècle. Il en existe en fait une cinquantaine, construites par la compagnie de moulins à coton Victor Hudon en 1881 pour loger ses travailleurs. Il s’agissait en fait majoritairement de travailleuses, payées la moitié et parfois le quart du salaire des hommes, celles-là même auxquelles la Place des Tisserandes que tu as vue tantôt rend hommage…

Parées de briques rouges, les maisons ouvrières donnent directement sur le trottoir, sans recul ni balcon. Certaines sont particulièrement belles, avec leur toit incliné et leurs lucarnes:

Ce secteur d’Hochelaga, méconnu des Montréalais et même de beaucoup d’habitants du quartier, est particulièrement beau, avec ses trottoirs pavés et ses anciennes maisons ouvrières!

Au coin de la rue Adam se présente une belle demeure peinte en rouge dont les fenêtres sont munies de faux volets noirs.

Traverse la rue Adam puis tourne à gauche (ouest) sur celle-ci.

En tournant le coin, tu découvres une murale du Café Graffiti, qui rappelle le chemin de fer qui traversait autrefois le quartier.

Fais quelques pas jusqu’à l’entrée de la ruelle verte Germain Dézéry, puis tourne à droite (nord) pour y pénétrer.

Au bout de la ruelle pointe le clocher de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge.

Si tu avais une idée préconçue et négative des ruelles d’Hochelaga, celle-ci te surprendra! Bon: toutes les ruelles du quartier ne sont pas aussi belles, soyons honnête. Mais la ruelle verte Germain Dézéry est un bel exemple de ce qu’on peut obtenir lorsque des voisins mettent ensemble leur créativité… Tu découvriras ainsi, en chemin, des bacs à fleurs, des toiles peintes, des souliers fleuris, un hôtel à insectes, et même un bac servant à l’agriculture urbaine!

Lorsque la ruelle rejoint le Lien Vert, tourne à droite (est) sur celui-ci.

Te voilà revenu au Lien Vert, là où l’ancienne voie ferrée scindait autrefois le quartier en deux. C’est une expérience particulière de marcher ainsi entre les maisons du quartier!

Suis le chemin sur deux coins de rue.

Tu retrouves les panneaux mettant en vedette le résidents du coin, mais aussi ces mosaïques qui agrémentent le Centre de la Petite Enfance Casse-Noisette au coin de la rue Darling. Attention, soyons rigoureux: il s’agit précisément du Pigeongleur, du Kangouroule et de l’Escalligator! 😉

Les Animaux de la Forêt Enchantée est une création de l’atelier Nayan, dont je prends plaisir à te faire découvrir les oeuvres dans plusieurs de mes circuits de quartier (Quartier Latin, Sainte-Marie, Vieux-Rosemont…). La mosaïque a été réalisée en partenariat avec la Table de Quartier Hochelaga-Maisonneuve, mais aussi… avec les enfants du CPE, qui ont façonné les feuilles de porcelaine avec leurs petites mains! 🙂

Traverse la rue Darling et poursuis droit devant dans le parc.

Le Lien Vert débouche ensuite dans le parc Hochelaga, doté de quelques jeux d’eau et d’un pavillon de briques. Sur ta gauche, l’édifice en béton abrite la piscine et la bibliothèque du quartier, donc tu y trouveras aussi des toilettes publiques, si l’envie te prend. Car oui: ça prend des toilettes où arrêter, quand on visite un quartier! 😉

Une fois le parc traversé, le chemin piéton se prolonge dans la ruelle qui débute un peu à gauche, réaménagée en juillet 2019. Mais je t’invite plutôt à tourner à droite, pour te faire découvrir des clochers et une école pas comme les autres…

Tourne à droite (sud) sur la rue Davidson et longe le parc pour atteindre la rue Adam. Tourne à gauche (est) sur cette dernière.

6) Des clochers et une école pas comme les autres

Tu pourrais très bien être sur la rue Marie-Anne, en plein Plateau Mont-Royal, mais tu es bien sur la rue Adam, dans Hochelaga! 😉

Au coin d’Aylwin, tu passes à côté de la célèbre Fondation du Docteur Julien, qui vient en aide aux enfants en difficulté. Ses murs de briques sont couverts de graffitis colorés représentant des enfants…

Puis, te voilà devant l’église du Très-Saint-Rédempteur (1929) dont l’imposante façade de pierres à chaux cache une charpente en béton armé.

L’impression de solidité qui s’en dégage est renforcée par l’aspect blindé des clochers, avec leurs volets sur quatre côtés.

Je les appelle d’ailleurs les « clochers sibériens », tellement ils semblent parés contre le froid, ou blindés pour faire face aux bombardements 😉 Ils sont d’ailleurs facilement reconnaissables dans le ciel de Montréal, ce qui leur a mérité une place dans mon Top 20 des plus beaux clochers de la ville.

Quelques pas de plus, et tu passes entre la façade multicolore de la Cuisine Collective Hochelaga-Maisonneuve, qui est localisée dans une ancienne Caisse Desjardins…

…et le mur tout aussi coloré de l’école Baril.

Cette dernière a en fait été reconstruite, après avoir été fermée pour insalubrité. La nouvelle école, de toute beauté, intègre le portail d’entrée original du siècle dernier!

Tourne à gauche (nord) sur la rue de Chambly.

La cour d’école est égayée par Gondwana (2018), la murale de Ankh One et Monk.E. Les artistes se sont inspirés du conte Gondwana et la porte magique, écrit par Alizée Pichot et ensuite illustré par les enfants de l’école! Tout un projet… La murale s’est d’ailleurs méritée une place dans les plus belles de 2018, sur le blogue C’est toi ma Ville.

Dépasse la rue La Fontaine pour atteindre le chemin piéton. Emprunte-le en tournant à droite (est).

7) La promenade Luc-Larivée et la place Simon-Valois

Tu retrouves encore l’ancienne voie ferrée… Le segment qui commence ici porte le nom de promenade Luc-Larivée. Complètement méconnue des gens qui n’habitent pas Hochelaga, cette promenade est pourtant remarquable!

Au sol, tu peux apercevoir le tracé des anciens rails, sur lequel on a gravé l’histoire industrielle des lieux.

Tout le long du parcours, 600 unités d’habitation ont été construites, dont le tiers sont des logements sociaux. Mine de rien, avec leurs 1,2 km presque ininterrompus, la promenade Luc-Larivée et le Lien Vert forment ensemble la plus longue promenade piétonne à Montréal!

En avançant, tu verras bientôt apparaître la tour de Montréal, qui semble dominer la place Simon-Valois. Un étonnant point de vue…

Au coin d’Ontario et de Valois, traverse pour atteindre la place publique.

Avant, le chemin de fer croisait ici la rue Ontario et obligeait les autos à arrêter lorsque des trains passaient. Après que la voie ferrée ait été abandonnée et retirée, on inaugura la place Simon-Valois (2007). Tout le monde s’entend pour dire que c’est l’élément déclencheur qui relança le quartier au complet… Pour le meilleur, diront certains. Pour le pire, diront d’autres. Ce secteur est en plus sur le point de devenir une véritable zone de rencontre, où les rues Ontario et Valois seront partagées entre les piétons, les cyclistes et les automobilistes. Tu dois donc t’attendre à rencontrer des travaux si tu passes ici à l’été 2020…

Quoi qu’il en soit, on peut dire que les résidents du quartier se sont appropriés la place Simon-Valois. Ici se côtoient maintenant, de jour comme de nuit, toutes les classes sociales, dans un joyeux mélange des genres, à l’image du Hochelaga d’aujourd’hui. Les jeunes et les anciens du quartier. Les chômeurs et les triporteurs. Les marginaux qui viennent exposer leurs toiles et les retraités qui profitent de la terrasse du bistro français adjacent…

Les soirs de tempête de neige, la place publique a même un petit quelque chose de féérique. Quand ce n’est toutes les fois où des fêtes y sont organisées, pendant les ventes-trottoir, à la Saint-Jean, ou au temps des sucres…

Si tu as faim, n’hésite pas à aller te chercher un hot-dog à l’européenne au Saucissier Walter. Leurs saucisses sont débiles! Lime et coriandre; pomme, cannelle et canneberge; fromage de chèvre et mangue… Les sortes varient au fil du temps. Et surtout, entre faire un tour chez Arhoma, la boulangerie-fromagerie-pâtisserie de grande qualité, qui vend plein de produits artisanaux québécois et produit toute une gamme de délicieux pains et sandwichs. Si tu as faim, tu peux te faire préparer un grilled-cheese aux pommes et au cheddar et le manger au comptoir ou sur une table dehors… Bonne idée, non?

Mais surtout, ne manque pas leurs gâteaux, mes préférés à Montréal! Ils sont même disponibles en portion individuelle et sont bons à s’en lécher les doigts, notamment celui au chocolat noir et fleur de sel, surmonté d’une guimauve… 🙂

Quitte la place Valois et poursuis ta découverte de la promenade Luc-Larivée vers l’est.

Les résidents du coin utilisent le chemin piéton pour faire la navette entre leur résidence et la rue Ontario. La promenade est agréable et verdoyante. Au sol, on trouve toujours le tracé des rails de l’ancienne voie ferrée.

Après avoir traversé l’avenue Bourbonnière, tu sors en réalité d’Hochelaga pour faire quelques pas dans Maisonneuve. Eh oui: c’est ici que se trouve la frontière entre les deux quartiers montréalais! Vient ensuite la Station no.1, un des plus beaux exemples montréalais d’intégration d’une coopérative d’habitations dans un ancien bâtiment industriel:

Tourne à gauche (nord) sur l’avenue Charlemagne, et marche quelques pas pour voir la cour de l’édifice.

L’aspect industriel est encore bien présent: on ne cherche pas trop pour comprendre comment était fait le bâtiment original, puisqu’il a été en bonne partie conservé! Des percées ont dû être faites au niveau du rez-de-chaussée pour permettre l’accès aux logements sociaux, qui sont par ailleurs facilement convertibles pour accueillir des personnes à mobilité réduite. Les longs balcons vitrées qui ceinturent la cour prennent la forme de passerelles métalliques. Et au plafond, tu peux encore apercevoir l’ancien treuil, suspendu et massif, et son mécanisme.

Sors de la cour et retourne sur la promenade Luc-Larivée…  Marche la dernière section, jusqu’à Jeanne-D’Arc.

Malheureusement, la promenade piétonne se termine abruptement, bloquée par le stationnement de l’épicerie Super C. Le chemin de fer original continuait pourtant à traverser le quartier, mais au début des années 2000, des condos et des stationnements ont été construits sur trois des quatre prochains pâtés de maison. Dommage, car si l’administration municipale de l’époque avait eu un peu plus de vision, la promenade se rendrait aujourd’hui sans obstacle jusqu’au Marché Maisonneuve et rejoindrait ensuite le chemin piéton aménagé jusqu’à Viau. Montréal pourrait alors se targuer d’avoir remplacé un de ses chemins de fer par une promenade urbaine aussi longue que le High Line de New-York! Occasion manquée…

Tourne à droite (sud) sur l’avenue Jeanne-d’Arc, et marche jusqu’à la rue Ontario.

8) La rue Ontario et ses terrasses

La visite du quartier serait incomplète sans sa plus importante artère commerciale: Ontario! Celle-ci regorge de commerces à n’en plus finir, on trouve vraiment de tout. Je ne peux pas tous te les présenter, je vais me concentrer sur mes préférés. Pour les autres, je te laisse faire tes propres découvertes: il y en a pour tous les goûts!

Sur ta gauche, le Madame Smith présente une jolie murale en façade et de belles terrasses avant et arrière.

C’est l’endroit pour prendre un cocktail ou une sangria!

Mais je ne t’amène pas de ce côté: si la découverte de Maisonneuve t’intéresse, j’ai écrit tout un article sur ce quartier, que je mettrai d’ailleurs à jour dans les prochains mois. Tu peux y découvrir des perles incroyables: de magnifiques édifices historiques, de belles ruelles vertes, des attractions touristiques majeures, une majestueuse église et la suite du chemin de fer transformé en chemin vert! (teaser, teaser…) 😉 Mais pour l’instant, j’en ai assez dit: retournons en direction d’Hochelaga…

Tourne à droite (ouest) sur la rue Ontario.

Sur le coin de rue, l’État-Major s’est mérité une place dans mon Top 10 des meilleurs restaurants « apportez votre vin ». Il propose quelques pièces de viande ou poissons dont les accompagnements et la présentation varient d’une fois à l’autre. Tout est tellement bon, que ça vaut la peine de dépenser quelques dollars de plus pour une table d’hôte! Au fil des ans, j’ai particulièrement apprécié l’entrée d’asperges froides avec gelée de citron, pesto de basilic et écorce de citron confit; le magret de canard et sa généreuse crème au fêta; et le porcelet de gaspor avec purée de patate douce et pommes:

Les desserts sont généreux et incontournables! Que ce soit la délicieuse ganache au chocolat, l’étonnant financier aux amandes avec son intense sauce au citron; ou encore le très bon beigne au caramel servi chaud avec crème glacée à la vanille et mûres. Ils ne reviennent pas toujours au menu, alors il faut en profiter pendant qu’ils passent!

À la porte d’à côté, il y a le Heirloom, dont les pizzas cuites au four à bois sont parmi les meilleures à Montréal! Ma préférée: la prosciutto, servie avec du ricotta citronné.

Les vins sont à chaque fois très étonnants et nous entraînent dans des zones que l’on n’explore pas tout le temps mais qui, ma foi, sont très agréables! Et, petit tuyau: tu dois absolument t’informer sur les desserts, même si tu n’as plus faim. Car le meilleur ne figure même pas au menu: la mousse au chocolat et écorce d’orange séchée!

Au coin de l’avenue Charlemagne, le Trèfle est un bar de type taverne irlandaise, avec une déco chaleureuse. Il offre une des plus grandes sélections de bières en ville, qu’elles soient du Québec ou d’ailleurs! Le concept a bien fonctionné à leur premier établissement à Trois-Rivières, alors ils ont ouvert le deuxième ici, dans Hochelaga-Maisonneuve!

Traverse du côté sud de la rue Ontario.

Tu tombes alors sur le fleuriste Évasia. Tout un monde se cache à l’intérieur de la boutique: de multiples bonsaïs, des arrangements floraux dans des bulles suspendues au plafond, de petites fontaines et autres babioles de toutes sortes. Fais le tour: ça vaut la peine! En plus, les propriétaires asiatiques de cette entreprise familiale enracinée dans le quartier depuis une vingtaine d’années sont très sympathiques… Quand j’y ai acheté mon papyrus, ils m’ont donné ce conseil pour l’entretenir: « il doit avoir la tête dans le soleil et les pieds dans l’eau ». C’est joli, non? 😉

Si tu te retournes après avoir traversé l’avenue d’Orléans, tu apercevras ta deuxième murale de Dodo Ose aujourd’hui, avec ses joueurs d’accordéon et de violon.

Et aussi, le beau pitou qui a le nez dans les airs, avec comme collier une partie du symbole rouge de Montréal:

Tu passes ensuite devant la terrasse du Blind Pig.

La déco reflète le nom autant à l’extérieur qu’à l’intérieur…

Le bar a rapidement été adopté par les résidents du quartier, qui y trouvent de quoi boire pour peu cher…

Je te le dis tout de suite: la bouffe est « cochonne » (pour rester dans le thème) 😉 Mon coup de coeur va aux rondelles d’oignon servies avec du miel… La combinaison des deux est géniale, fallait vraiment y penser!

Au coin de l’avenue Bourbonnière, tu découvres ce qui est probablement la plus grande murale en céramique à Montréal. L’oeuvre de Laurent Gascon, intitulée « Mon pays c’est l’hiver », représente évidemment le célèbre chansonnier québécois Gilles Vigneault. Ce n’est que la première d’une série d’autres oeuvres du même mosaïste qui, tout au long de la rue Ontario jusqu’au centre-ville, sont notamment consacrées à Plume Latraverse, Pauline Julien, Marjo, Diane Dufresne et Yvon Deschamps. Le blogueur Carle Bernier-Genest a d’ailleurs consacré tout un article à cette série inédite de murales-mosaïques, proposant un véritable circuit pour les découvrir…

Quelques pas de plus et voilà le bistro français Les Canailles, qui fait partie de mon Top 10 des meilleurs « apportez votre vin » à Montréal. Manger au comptoir, directement dans la vitrine, te permet d’observer l’animation du quartier, qui ne cesse de surprendre…

…tout en mangeant un tartare de boeuf ou de saumon, plat très populaire ici et offert en portion plutôt généreuse…

Dépasse la Place Valois et continue de marcher vers l’ouest.

Juste avant d’arriver à la rue de Chambly, tu passes à côté de la terrasse colorée et surélevée de l’Épicerie-Café Marco Rosa. La petite épicerie latino-américaine propose plusieurs produits d’importation. On peut aussi te faire cuire de délicieux empanadas au poulet ou au boeuf, ces traditionnels petits chaussons farcis, pour manger sur la terrasse ou pour emporter. Idéal si tu as un petit creux en route!

Si tu préfères les tacos, va faire un tour juste à côté, à La Taqueria. Regarde comment ça a l’air bon 😉

De l’autre côté de la rue de Chambly, le duo formé par le Tim Horton et L’Espace public anime le coin de rue jusque tard dans la nuit. La microbrasserie, qui fait partie des 15 meilleures à Montréal, se spécialise dans les bières surettes. C’est une véritable institution dans le quartier, le premier d’une série de nouveaux bars qui ont ouvert sur la rue Ontario il y a quelques années et qui ont attiré une nouvelle génération d’Hochelagais. C’est une telle réussite qu’on aimerait maintenant qu’il déménage dans un local plus grand, avec une plus grande terrasse. Il y en a plusieurs qui sont vides dans le coin… Ce serait une bonne idée, non? 😉

Quelques portes plus loin, la terrasse blanche et rétro-futuriste de l’Atomic Café attire l’attention! Son décor intérieur est également unique en son genre… Le café abritait autrefois, dans le fond du local, un club vidéo de répertoire.

Arrive ensuite le magasin écolo Terre à Soi qui, en déménageant ici, a visiblement contribué à créer une masse critique de commerces écolos et bios dans le secteur! Il y a en effet les Aliments Merci, en face de l’Espace public. Mais aussi l’épicerie écologique zéro déchet Méga Vrac, au coin de Joliette. Et une rue plus loin, l’Antidote bouffe végane. Une tendance qui s’annonçait nouvelle dans Hochelaga il y a quelques années, mais qui semble définitivement se confirmer!

Au coin de la rue Joliette, traverse du côté nord de la rue Ontario et reviens sur tes pas. Tourne à gauche (nord) sur la rue de Chambly.

9) La caserne 48 et la station Joliette

Il te reste deux coins de rue à marcher avant de retourner chez toi. Une dernière occasion d’apprécier une des belles rues résidentielles d’Hochelaga…

…avec ses escaliers extérieurs…

…et ses fleurs!

En chemin, tu croises l’église contemporaine Sainte-Jeanne-d’Arc (1961), avec sa façade triangulaire et son long clocher effilé…

…pour ensuite arriver à la caserne de pompiers 48, au coin de la rue Hochelaga.

Tourne à gauche (ouest) sur Hochelaga.

Construite en 1931, la caserne adopte le style art déco, avec son parement de briques à différentes couches qui accentue les lignes verticales:

Si tu t’es déjà promené dans le coin de la place Shamrock et du Marché Jean-Talon, tu remarqueras peut-être l’incroyable ressemblance avec la caserne 31. C’est à s’y méprendre (mon itinéraire pour découvrir La Petite-Patrie passe par là)!

la caserne 31 (source: Google Street View)

Bref, te voilà rendu à la station de métro Joliette (ligne verte). Avant de prendre le train, tu apercevras Murale (1976), une oeuvre de Marcel Raby, l’architecte de la station. Au centre du mur en inox, le rond bleu fait de motifs en verre, c’est la Terre. De chaque côté, tu retrouves d’autres planètes du système solaire… Et en bas, c’est le soleil, dont le rayon reproduit celui de la voûte du tunnel du métro! Pas pire, hein? 😉

**********

Voilà: c’est déjà la fin de ta journée dans Hochelaga! Je te propose plein d’autres circuits dans les différents quartiers de Montréal, si ça t’intéresse… Je parcours l’île d’un bout à l’autre depuis que je suis tout petit, alors suis-moi, et je te montrerai les plus belles rues et les plus beaux parcs de Villeray, du Vieux-Rosemont et de Pointe-Saint-Charles… Les plus belles statues et fontaines d’Outremont et de Maisonneuve… Les plus belles maisons de Milton-Parc, les coins méconnus de l’ouest du Vieux-Montréal, et les belles promenades sur le bord de l’eau de Lachine! Une vingtaine de circuits t’attendent, de quoi passer un super bel été à jouer au touriste dans ta propre ville… Bienvenue dans Mes Quartiers!

Et n’oublie pas de t’abonner à mon blogue, pour être averti.e lorsque de nouveaux articles sortiront!

À bientôt…

La page Facebook de Mes Quartiers, tenue conjointement avec le blogue C’est toi ma Ville: deux façons de découvrir encore plus Montréal!

7 avis sur « Hochelaga »

    • C’est une idée qui me trotte dans la tête depuis quelques temps… Je vais commencer par terminer les 35 quartiers que je veux couvrir, et ensuite, je verrai… Il y a quand même beaucoup de contraintes à la vidéo: ce n’est pas toujours évident de filmer les intérieurs d’églises et de commerces. Il faut aussi faire plus attention pour ne pas filmer le visage des gens… Enfin: merci pour la suggestion!!! À suivre… 🙂

      J’aime

  1. C’est munie de l’itinéraire imprimé sans photo 😉 que la fille de l’ouest que je suis est partie explorer l’est, plus spécifiquement, le quartier Hochelaga. J’étais en terrain parfaitement inconnu. J’ai presque honte de dire que je n’étais jamais descendue à la station Préfontaine. La journée a bien commencé avec un bon café chez Café Gourmet du Quartier, juste en face de la place des Tisserandes. J’ai piqué une jasette avec la sympathique propriétaire…c’est ça l’esprit de quartier. C’est au coin de Dézéry et Adam que l’odeur de levure m’a enveloppée…c’est ça aussi la découverte d’un quartier, en percevoir ses arômes. L’épouse de l’artiste-ouvrier Léopol Bourjoi s’est fait un plaisir de me parler des œuvres de son créatif de mari… c’est ça aussi un quartier, l’âme de ses résidents. Et que dire de ma balade sur Ontario en plein pendant la vente trottoir de la rentrée… c’est ça la vie dans un quartier. La terrasse du restaurant Le Valois est accueillante et l’assiette de hamberger copieuse et excellente! Hochelaga restera pour moi le quartier des murales…Wow! Qu’elles sont belles! J’ai cependant eu un sérieux coup de coeur pour les mosaïques Pigeongleur, Kangouroule et Escalligator… De petits joyaux! L’art dans un quartier, c’est aussi ce qui nous donne le goût d’y revenir. Merci Gilles pour ce parcours très intéressant. Diane

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